Édith Cresson
Un article de Savoir.
Édith Cresson, née le 27 janvier 1934 à Boulogne-Billancourt, est une femme politique française. C'est la première, et la seule, femme à avoir accédé au poste de Premier ministre de la France, jusqu'à aujourd'hui.
Son père, Gabriel Campion (1896-1959), grand bourgeois de tendance gauche SFIO, est inspecteur des finances. Détaché à l'ambassade de France à Belgrade sous le régime de Vichy, il devient ensuite directeur des finances du secours national puis président de la Société française de banque et de dépôts.
Avec son époux, Jacques Cresson, fils de médecin et directeur de l'exportation de Peugeot, elle a deux filles.
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Études
- Diplômée d'HECJF (École de Haut Enseignement Commercial pour Jeunes Filles)
- Docteur en démographie.
Carrière politique
- Adhère en 1965 à la Convention des institutions républicaines.
- De 1975 à 1981, elle est membre du comité directeur du parti socialiste.
- En 1975, elle connait son premier contact avec le suffrage universel. Elle se présente à Châtellerault contre le ministre de la coopération Pierre Abelin. Elle est battue de justesse.
- Lors des élections municipales de 1977, elle est élue maire de Thuré (commune de la banlieue de Châtellerault). Un un plus tard, elle échoue lors d'une élection cantonnales partielle, elle est victime d'un mauvais report de voix communistes. La même année, elle est battue aux législatives par Jean-Pierre Abelin mais elle le battera en 1981 et 1988. Lors de son passage au gouvernement elle renforce sa position locale étant élue conseillère générale en 1982 (réélue en 1988 et 1994) puis maire de Châtellerault en 1983 (réélue en 1989 et 1995).
- Elle ne se représente pas aux législatives en 1993 dans la Vienne. En décembre 1997, Lionel Jospin lui demande de quitter son mandat de maire pour cause de cumul des mandats - son premier adjoint Jöel Tondusson la remplace - elle devient adjointe au maire (elle sera réélue en 2001). Puis elle démissionnera du conseil général en 1998 - toujours pour cause de cumul des mandats.
- Elle est la première femme à se voir confier le ministère de l'Agriculture.
- 15 mai 1991-2 avril 1992: Edith Cresson est la première femme à accéder au poste de Premier ministre de la République française. Son passage à Matignon ne durera que dix mois (suivie par Pierre Bérégovoy le 2 avril 1992), son manque de diplomatie (« La majorité des hommes [dans les pays anglo-saxons] sont homosexuels – peut-être pas la majorité – mais aux USA il y en a déjà 25 %, et au Royaume-Uni et en Allemagne c’est bien pareil. Vous ne pouvez pas imaginer ça dans l’histoire de France… Je considère qu’il s’agit d’une sorte de faiblesse. » Elle a également comparé les Japonais à des fourmis) et un certain machisme ambiant l'ont rendue extrêmement impopulaire.
- Nommée à la Commission européenne en 1995 (Commission Santer), elle y a en charge principalement les questions d'éducation, de formation et de recherche. Elle fut, quatre ans plus tard, à l'origine de la spectaculaire démission collective de cette instance, étant elle-même mise en cause et inculpée pour des affaires de corruption par la justice belge, qui abandonnera par la suite ses poursuites.
- Le 23 février 2006 la Cour de Justice européenne prononce son arrêt dans le cas de La Commission européenne contre Mme Cresson et la République française.
Elle a démissionné du gouvernement Rocard, en raison de ses dissensions avec le Premier ministre. Elle doit en partie à cela sa nomination à la tête du gouvernement, outre son caractère inédit évident. En tant que Premier ministre, elle est à l'origine du transfert de l'École nationale d'administration à Strasbourg. Elle a lancé un projet de modification du mode de scrutin sénatorial, en prenant de front les membres de la Haute assemblée. Après l'hécatombe de la gauche aux élections régionales de mars 1992, le Président Mitterrand la remplace le 2 avril 1992 par Pierre Bérégovoy.
Elle s'offusque, peut-être un peu excessivement, de sa marionnette au Bébête Show, la panthère Amabotte. Son expérience a fait l'objet d'un livre d'Élisabeth Schemla, Edith Cresson la femme piégée.
Carrière dans l'industrie
- Ingénieur économiste dans divers cabinets d'études.
- Après sa démission du gouvernement en 1990, Édith Cresson devient PDG d'une nouvelle filiale créée spécialement pour elle par Didier Pineau-Valencienne, Schneider Industrie Service International, spécialisée dans le conseil international.
Mandats politiques
- 1977 : maire de Thuré (Vienne)
- 1979 : députée au Parlement européen
- 1981 : députée de la Vienne
- 1981 - 1983 : ministre de l'Agriculture du gouvernement Mauroy 1
- 1982 - 1998 : conseillère générale de la Vienne
- 1983 - 1997 : maire de Châtellerault
- 1983 - 1984 : ministre du Commerce extérieur et du tourisme du gouvernement Mauroy
- 1984 - 1986 : ministre du Redéploiement industriel et du commerce extérieur du gouvernement Fabius
- 1986 - 1988 : députée de la Vienne
- 1988 - 1990 : ministre des Affaires européennes du gouvernement Rocard
- 15 mai 1991 - 12 avril 1992 : premier ministre
- 1994 - 1999 : commissaire européenne, chargée de la science, de la recherche et du développement
- 1997 - : adjointe au maire de Châtellerault
| Précédé par Michel Rocard | Premier ministre de la France | Suivi par Pierre Bérégovoy |
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