Bernard-Henri Lévy

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Bernard-Henri Lévy est un philosophe et intellectuel français, écrivain, cinéaste, éditorialiste, engagé sur la scène publique et internationale. Il devient le chef de file de la « Nouvelle Philosophie » en 1976.

De sa première union<ref>cf. who's who</ref>, il eut un garçon Antonin-Balthazar.

De sa seconde union avec Isabelle Doutreluigne<ref>cf. who's who</ref>, il eut, en septembre 1974, une fille Justine-Juliette qui épousera Raphaël Enthoven, le fils de son meilleur ami Jean-Paul Enthoven.

Le 19 juin 1993, il épouse Arielle Dombasle à Saint-Paul-de-Vence.


Sommaire

Biographie

De 1948 à 1980

Bernard-Henri Lévy est né à Béni-Saf (Algérie), le 5 novembre 1948.

Sa famille s'installe en France en 1954.

Après des études au lycée Louis-le Grand, il entre en 1968 à l’école normale supérieure de la rue d’Ulm. Il a comme professeurs Jacques Derrida et Louis Althusser. En 1971, il réussit au concours de l’agrégation (il est même reçu 8ème au 1er essai). En septembre de la même année, il écrit dans le journal Combat une série d'articles consacrés au monde paysan français. La thèse de l’enquête rejoint la problématique maoïste : la lutte des classes s’invite dans les provinces françaises. Puis, en octobre, en réponse à l'appel d'André Malraux à la constitution d’une « brigade internationale pour le Bengale » le 17 septembre 1971, il décide de partir. Parrainé par Charles Bettelheim, professeur d’économie proche d’Althusser, il voyage dans le sous-continent indien, et plus spécialement au Bangladesh durant la guerre de libération contre le Pakistan. il revient en mai 1972. Ce voyage sera la source de son premier livre, Bangla-Desh, Nationalisme dans la révolution, qui paraît en 1973 dans la collection des Cahiers Libres de Maspéro .

De retour en France, il est chargé de cours d’épistémologie à l’Université de Strasbourg et répétiteur de philosophie à l’École normale supérieure.

En octobre 1974, il crée la collection « Figures » chez Grasset, inaugurée par Jean-Paul Dollé, Voies d’accès au plaisir et Philippe Némo, L’Homme structural.

En janvier 1975, il lance avec Michel Butel le quotidien L’Imprévu qui se solde rapidement par un échec.

Le 10 juin 1976, Les Nouvelles Littéraires publie un numéro spécial consacré aux« nouveaux philosophes » dont Bernard-Henri Lévy en est le rédacteur en chef.

En mai 1977, il publie La Barbarie à visage humain, Grasset.

Apparaissant le 27 mai 1977 dans l'émission de télévision Apostrophes, Bernard-Henri Lévy y est présenté, au côté d'André Glucksmann, comme un nouveau philosophe. Le thème proposé par Bernard Pivot est: « Les Nouveaux philosophes sont-ils de droite ou de gauche ? » Invités, outre BHL et Glucksmann : Maurice Clavel, François Aubral et Xavier Delcourt.

En juin 1979, il publie chez Grasset Le Testament de Dieu. La thèse du livre fait du monothéisme, socle commun au judaïsme, au christianisme et à l’islam, un rempart contre la barbarie.

En 1980, il participe à la fondation de l’association « L’Action internationale contre la faim » avec Marek Halter, Jacques Attali, Françoise Giroud et quelques autres. La même année, BHL et Marek Halter créent le Comité des Droits de l’Homme qui milite pour le boycott des jeux olympiques de Moscou. Il se marie avec Sylvie Bouscasse.

De 1981 à 2005

En janvier 1981 paraît L'Idéologie française, Grasset, coll. « Figures », dans lequel B-H. Lévy fait rétrospectivement de la France le laboratoire du fascisme européen. D'un côté, de la part de certains penseurs de l'époque, tels Raymond Aron, Paul Thibaud, Emmanuel Le Roy Ladurie ou encore Pierre Nora, le livre fait l'objet de réfutations en règle. Par exemple, dans L'Express (7 février 1981), Raymond Aron écrira : « Bernard-Henri Lévy viole toutes les règles de l'interprétation honnête et de la méthode historique. Le voilà maintenant Fouquier-Tinville, lui qui prêche la démocratie. Il oublie que la démocratie devient aisément, elle aussi, inquisitoire, sinon totalitaire. Juif comme moi, il exclut de la France et rejette dans la France noire d'innombrables écrivains ou penseurs de notre commune patrie. Intérêt public ou danger public ? » De l'autre, d'autres penseurs, journalistes et écrivains, tels Jean-François Revel, Edwy Plenel ou Philippe Sollers, considèrent toujours cet ouvrage comme le plus important, voir même le plus prophétique de Bernard-Henry Levy.

En septembre 1981, Bernard-Henri Lévy part au Pakistan avec Marek Halter et Renzo Rosselini afin de remettre aux résistants afghans trois postes d’émetteur de radio. Ils furent achetés grâce à des fonds recueillis par le Comité des Droits de l’Homme. Contrairement à ce qu'il expliquera ensuite ("un ami de vingt ans"), il ne rencontrera pas le commandant Massoud avant 1999.

En novembre 1984, il reçoit le prix Médicis pour son roman Le Diable en tête paru chez Grasset.

En mars 1987, il publie L’Éloge des intellectuels, Grasset.

En novembre 1988, il reçoit le prix Interallié pour son roman Les Derniers jours de Baudelaire publié chez Grasset.

En mai 1990, il lance une revue qu'il dirige intitulée La Règle du jeu.

En 1991, il est nommé Président de la Commission d’Avances sur Recettes au cinéma (pendant un an).

En décembre 1992, France 3 diffuse Un jour dans la mort de Sarajevo, un documentaire réalisé par Bernard-Henri Lévy et Alain Ferrari. Lévy souhaite montrer le martyre de cette ville œcuménique et la souffrance des habitants qui résistent héroïquement à des bombardements incessants.

En juillet 1993, il devient président du Conseil de surveillance de la chaîne Arte.

En mai 1994, à l'occasion des élections européennes, il participe à la constitution de la liste « L'Europe commence à Sarajevo » pour contraindre les partis politiques à prendre en compte la situation dans les Balkans. Dirigée par Léon Schwartzenberg, elle comprend, outre Bernard-Henri Lévy, Romain Goupil, Pascal Bruckner, André Glucksmann....Maintenue par Léon Schwartzenberg en dépit de la défection de nombreux soutiens, la liste obtient finalement 1 % des suffrages exprimés (elle avait été créditée un temps de 12 % d'intentions de vote).

Contre la purification ethnique au Kosovo, il publie en octobre 1994 La Pureté dangereuse, Grasset. Son combat pour les intellectuels de Bosnie se poursuivra et débouchera sur la publication en février 1996 du livre Le Lys et la Cendre ; Journal d'un écrivain au temps de la guerre de Bosnie, Grasset

En 1997, il réalise au Mexique un ambitieux film de fiction, Le Jour et la nuit, avec son épouse Arielle Dombasle, Alain Delon et Karl Zéro. L'œuvre est un échec critique et public retentissant et demeure à ce jour sa seule tentative de cinéma « pur ».

En 1998, il se fait journaliste de la guerre civile algérienne pour le journal Le Monde ( « Le jasmin et le sang », le 8 janvier et « La loi des massacres », le 9) : « Ils préfèrent passer pour des assassins que pour des incompétents ».

En 2000, il publie Le Siècle de Sartre aux éditions Grasset.

En février 2002, Jacques Chirac et Lionel Jospin confient à Bernard-Henri Lévy la mission de se rendre en Afghanistan pour contribuer à la reconstruction culturelle d’un Afghanistan libre. A son retour en France au printemps, Lévy présente son Rapport au Président de la République et au Premier Ministre sur la contribution de la France à la reconstruction de l’Afghanistan publié par La documentation Française et Grasset, qui comporte une seule annexe: un discours de Bernard-Henri lui-même.

En mai 2003, il publie Qui a tué Daniel Pearl? aux éditions Grasset.

En juillet 2005, il participe au colloque consacré à Jean-Paul Sartre au centre culturel international de Cerisy.

En 2006

En janvier 2006, il publie aux éditions américaines Random House son livre sur les États-Unis d'Amérique, American Vertigo, parution précédée d'une tournée de conférences dans ce pays.


Controverses

Reproches d'ordre général

Bernard-Henri Lévy, en mettant sa réflexion au service de la politique, en défendant une idée de la gauche contre une autre, - deux idées dont les points de vue vont diverger de plus en plus avec le temps, soit la défense de l'idée démocratique et des libertés contre l'éclipse de celles-ci qui se trouve du côté des dérives totalitaires menaçant une gauche très anti-américaine -,en multipliant ses déclarations et interventions politiques, s'est attiré de solides inimitiés et des critiques sévères, dont Le Monde diplomatique, principalement, s'est fait volontiers l'écho.

Un certain type de personnes lui font le reproche de prendre des libertés avec la vérité et les faits. On lui reproche aussi la place qu'il prend dans les médias. C'est le cas, par exemple, de l'historien Pierre Vidal-Naquet ou du sociologue Pierre Bourdieu qui lui reprochent de côtoyer par exemple Lagardère, homme du monde des médias influent.

Il tient un Bloc-notes hebdomadaire dans le magazine français Le Point et il préside le Conseil de Surveillance de la chaîne Arte.

Qui a tué Daniel Pearl ?

les critiques

La femme de D. Pearl, et les autres membres de la famille de ce dernier, reprochent à BHL un "viol littéraire", et ils contestent la vérité de ce livre, qui n'a eu de succès qu'en France, où il a été encensé par les critiques au service de Lagardère ou Pinaut ; Mme Pearl a déclaré que BHL est un homme dont "l'ego détruit l'intelligence."

  • Le spécialiste du sous-continent indien, journaliste et historien, plutôt favorable à l'islam politique, William Dalrymple tente quant à lui de démonter son "romanquête" sur l'assassinat de Daniel Pearl, soulignant nombre de passages qu'il prétend être des contre-vérités. B-H. Lévy semblerait confondre des villes ou des personnes, écrit-il.

la défense de B-H. Lévy

B-H. Lévy a du reste obtenu un droit de réponse, dans Le Monde diplomatique, où il démonte les critiques de son contradicteur, montrant qu'il produit des erreurs et contre-sens. Il réfute ses diverses accusations et lui reproche même :
« l’incroyable aplomb avec lequel l’auteur [i.e. Dalrymple] s’approprie, pour me [i.e. B-H. Lévy] l’opposer, le cœur même de ma thèse, mon leitmotiv depuis des années, à savoir l’idée selon laquelle la vraie guerre des civilisations, celle qui devrait tous nous mobiliser, n’oppose pas l’"Ouest" au "reste" mais, au sein même du "reste", à l’intérieur d’un monde de l’islam qui est tout sauf un monolithe, les radicaux et les modérés, les partisans du djihad et ceux des Lumières et de la tolérance : dans ma vie comme dans ce livre, dans ma défense, hier, de la Bosnie et de Massoud, comme dans celle, aujourd’hui, des Tchétchènes, des femmes algériennes ou de l’esprit laïque au Pakistan, je ne cesse de plaider pour ce deuxième islam,…. ».
Dalrymple a répliqué à cette réponse dans un autre article du Monde diplomatique, intitulé Perseverare Diabolicum (voir liens ci-dessous).

les louanges

Inversement, d'autres lecteurs ont loué l'ouvrage. Edwy Plenel, alors rédacteur en chef du journal Le Monde, a apprécié différemment Qui a tué Daniel Pearl ?. Recevant le 26 avril 2003 B-H. Lévy, collaborateur régulier du journal Le Monde dans le cadre de son émission sur la chaîne d'information LCI, il déclare  : « Ce qui fait à mes yeux toute la force de ce livre : c’est une enquête, c’est des faits. [...] Il faut le lire. Pensez contre vous-mêmes en lisant ce livre "Qui a tué Daniel Pearl ?" ». Le même jour, sur France Culture , Jean-Marie Colombani, directeur du journal Le Monde accueillait B-H. Lévy : « à nos yeux, Jean-Claude Casanova et moi-même, ce livre est évidemment très important [...] C’est un livre qui restera comme témoin des moments de l’histoire que nous vivons [...] un livre fort, important. Je crois qu’on ne peut pas passer à côté de cet ouvrage. »

American Vertigo

  • American Vertigo de Bernard-Henri Lévy, suscite la controverse chez les critiques littéraires aux États-Unis. Des journalistes américains ont chroniqué le contenu du livre, publié en anglais le 24 janvier 2006 aux États-Unis, plusieurs semaines avant sa parution en France. Il s'agit d'un essai d'actualité sur le modèle du livre De la démocratie en Amérique d'Alexis de Tocqueville écrit suite à son séjour en Amérique en 1830.
« C'est un livre sur les États-Unis, originellement écrit en français (...) mais qui s'adresse principalement à une audience américaine (...) et lire les impressions d'un étranger sur ses propres terres peut être irritant », selon l'écrivain Brendan Bernhard. Un deuxième article du Los Angeles Times, le 22 janvier, cette fois sous la plume de Marianne Wiggins, affirme qu'il a beau être enthousiaste sur le pays (il se présente comme un anti-anti-américains) il ne saisit pas pour autant sa "réalité quotidienne". Marianne Wiggins reproche aussi au livre d'être au fond sensationnaliste et de manquer de sérieux, de s'intéresser plus aux vedettes qu'au vrai monde. « On est loin de Democracy in America, de Tocqueville, ou de On the Road, de Jack Kerouac, écrit-elle. Le livre de Lévy a peut-être un seul mérite, celui de nous faire découvrir combien nous avons été bénis d'avoir eu chez nous un Français qui réfléchissait sur notre avenir! Vive Monsieur de Tocqueville! Lisez-le, lui, l'original. »
Dans le Wall Street Journal, Harvey Mansfield, traducteur de Tocqueville, écrit le 27 janvier qu'il manque de gratitude pour la démocratie en Amérique, et le livre du même nom.
Le prestigieux supplément littéraire du New York Times, va beaucoup plus loin : « Sur plus de 300 pages, personne ne blague, personne ne semble travailler, personne ne se met à table et semble profiter du repas », y affirme Garrison Keillor, écrivain qui n'a pas apprécié les reportages peu représentatifs selon lui de son pays choisis par Bernard-Henri Lévy. Il lui reproche en outre de ne s'être intéressé qu'aux clichés retenus depuis 50 ans par les Français: les rues de Las Vegas, Beverly Hills, les freak shows, les obèses, le festival d'Iowa, (État champion du kitsch), le club échangiste de San Francisco où règne un travesti qui a des seins gigantesques en silicone... « Comme toujours pour les écrivains français, Lévy est court sur les faits et long sur les conclusions », a-t-il ajouté avant de dénoncer son amour "infantile" pour les paradoxes: l'Amérique est magnifique mais folle, avare mais modeste, ivre de matérialisme et religieuse, puritaine et scandaleuse. La photo de BHL fait cependant la Une, sur une pleine page, du supplément, ce qui devrait lui apporter plus de publicité pour son livre initialement tiré à 75.000 exemplaires selon des sources proches de l'édition.
Le New York Magazine, sous la signature de Carl Swanson, publie un papier intitulé "American psychoanalyst", dans lequel l'intellectuel est ridiculisé en rockstar pas vraiment animé par la haine de soi, dandy baudelairien marié à une belle extra-terrestre, parcourant les États-Unis dans une voiture avec chauffeur (ce que BHL justifie par son absence de permis : "une infirmité") sans songer que celui qui prétend vouloir connaître un pays ferait mieux de s'en remettre d'abord à ses deux pieds et aux transports en commun (pas besoin de permis pour ça). Le critique note que BHL a réussi à regarder Sharon Stone dans les yeux tandis qu'elle décroisait les jambes, et à trouver un chef Indien qui fut antisémite. Bref, l'explorateur a passé du bon temps en Amérique : « Aussi bon qu'un week-end à l'hôtel du Cap » reconnaît BHL. (Source : Blog de Pierre Assouline)
Interrogé par l'AFP Bernard-Henri Lévy se félicite de ces critiques, y compris les plus dures, estimant qu'elles sont "le signe d'un malaise" et que son but était atteint. « Cela a un vrai sens, cela veut bien dire que c'est un livre qui est fait pour avoir des effets dans le débat politique et intellectuel américain », a-t-il déclaré depuis Chicago (nord). « C'est le livre d'un ami de l'Amérique, qui critique les Américains sans tourner le dos à la grande vocation démocratique de l'Amérique », a-t-il ajouté.
Seul deux critiques américains ont pris la défense de BHL : l'un des deux articles est à paraître jeudi l'hebdomadaire de gauche The New Republic, et prend passionnément la défense de l'auteur sous la plume de Martin Peretz, son rédacteur en chef, qui estime que BHL est « du bon côté de tous les débats fondamentaux auxquels font face les sociétés avancées ». Après une brève apparition dans les meilleures ventes, son livre a rapidement chuté au classement.

Ouvrages critiques

Dernièrement, de nombreuses ouvrages consacrés à Bernard-Henri Lévy ont fait leur apparition :

  • Le livre BHL, une biographie de Philippe Cohen, soutient qu'il existe des accommodements avec la vérité de la part de l'intellectuel. Cohen rappelle que le philosophe Raymond Aron avait dit de Bernard-Henri Lévy qu'il était « perdu pour la vérité ». Bernard-Henri Lévy répond à ces critiques dans L'Express (cette interview a toutefois été "remaniée" par B-H. Lévy)


  • Une imposture française, livre polémique, que les journalistes Nicolas Beau et Olivier Toscer consacrent à Bernard-Henri Lévy, est sorti.
Ce livre, paru en librairie le 23 février 2006, avec une orientation visiblement très polémique, provoque de vives réactions et notamment de l'intéressé :
« Grâce à ses relations dans les médias, Bernard-Henri Lévy n'hésite pas à corriger, voire à empêcher la parution d'articles qui lui déplaisent. Ce livre donne les recettes de cet attaché de presse toujours sur le pont, si efficace pour lui-même et pour ses amis.
Profitant de cette impunité médiatique, Bernard-Henri Lévy se permet beaucoup de liberté dans ses "enquêtes" au Pakistan, en Afghanistan ou en Algérie. Ce livre raconte ses plus beaux trucages.»
Voici quelques passages du livre consacré aux rapports entre BHL et le journal L'Express et surtout une chronique qui relate avec humour les manoeuvres de Bernard-Henri Lévy contre ce livre.

A propos de ces ouvrages critiques

  • A ce propos, Josyane Savigneau, dans Le Monde des livres du 1er juillet 2005, consacre un article à propos du livre de Philippe Boggio, Bernard-Henri Lévy, une vie (La Table ronde), où elle relève cette étrange "frénésie" qui a pris plusieurs journalistes de vouloir s’en prendre à Bernard-Henri Lévy (collaborateur régulier du Monde des Livres) :
« En 2004, l’édition française a été saisie d’une étrange frénésie à propos de Bernard-Henri Lévy. On annonçait cinq livres sur cet intellectuel "à abattre", comme le titrait un journal
Tandis que Boggio, qui a écrit une biographie sérieuse, est beaucoup moins cité par les media, remarque-t-elle :
« Boggio avait d’emblée annoncé son intention de faire "une vraie biographie, à charge et à décharge" et non "un essai approximatif". Ce n’est guère dans l’air du temps. Aussi son travail, sérieux [...], a-t-il moins excité les médias que les deux essais précédents ».
Josyane Savigneau précise encore ceci :
« Il [Boggio]rappelle les critiques, les stupides comme les prestigieuses, celles de Deleuze, de Vidal-Naquet et d’autres. Mais aussi les soutiens, dont celui de Barthes. »

Anecdotes

Bernard-Henri Lévy sera victime de neuf entartages en Belgique et en France et prendra très mal sa tarte à la crème reçue en 1985, flanquant par terre Noël Godin dit Le Gloupier, pour lui intimer ensuite : « Relève-toi, ou je te pète la gueule à coups de talon ! ». La scène, filmée, a été largement diffusée, notamment par Coluche et Pierre Desproges. Cela lui a également valu une chanson de Renaud, « L'entarté ».

Lors du Salon du livre de Paris le 18 mars 2006, Bernard-Henri Lévy a été entarté à deux reprises, selon le Quotidien permanent du Nouvel Obs [1].

Citations

De BHL

  • « Bourdieu encore. Quoi de commun entre lui et, en vrac, Hue, Villiers, Pasqua, Chevènement, Le Pen ? […] Il est difficile, quand on les écoute, de ne pas entendre les assonances. Il est difficile, entre le nationalisme des uns et l’antilibéralisme des autres, de ne pas être sensible à la communauté d’affects, de réflexes et, peut-être, d’inspiration. » (Le Point, 23.05.98)
  • A propos de l'échec du référendum du Traité Constitutionnel : «  C’était un vote souverainiste, populiste, nationaliste, parfois xénophobe - mais c’était un vote qui, avant cela, en amont de ces réflexes, prenait partie contre les Lumières et leur idéal kantien de liberté. » (Le Point, 23 juin 2005)
  • « Chacun sait aujourd'hui que le rationalisme a été un des moyens, un des trous d'aiguille par quoi s'est faufilée la tentative totalitaire. Le fascisme n'est pas issu de l'obscurantisme, mais de la lumière. Les hommes de l'ombre, ce sont les résistants... C'est la Gestapo qui brandit la torche. La raison, c'est le totalitarisme. Le totalitarisme, lui, s'est toujours drapé des prestiges de la torche du policier. Voila la "Barbarie à visage Humain" qui menace le monde aujourd'hui » (Le Matin, 1977, cité par J. Bouveresse dans "Prodiges et Vertiges de l'analogie" ed. Raisons d'agir, 1999)

Sur BHL

  • Jean-Luc Godard (Lire, mai 1997) : « Il n'est pas plus cinéaste qu'il n'est écrivain. Ça doit être un éditorialiste. »
  • Raymond Aron (L'Express, février 1981), à propos de l'Idéologie française : « Un auteur qui emploie volontiers les adjectifs infâme ou obscène pour qualifier les hommes et les idées invite le critique à lui rendre la pareille. Je résisterai autant que possible à la tentation, bien que le livre de Bernard-Henri Lévy présente quelques-uns des défauts qui m'horripilent : la boursouflure du style, la prétention à trancher des mérites et démérites des vivants et des morts, l'ambition de rappeler à un peuple amnésique la part engloutie de son passé, les citations détachées de leur contexte et interprétées arbitrairement. Pis encore, le doute subsiste à la fin de la lecture: la violence du ton, maintenue d'un bout à l'autre du pamphlet, révèle-t-elle une indignation authentique ou le goût du scandale et de la diffusion de masse ? »
  • Jean-François Revel (L’Express, 7 février 1981), au sujet de la polémique sur L'Idéologie française : « L'Idéologie française, de Bernard-Henri Lévy […] révèle cet instant dans la crise de la conscience occidentale où tout effort, pour distinguer entre totalitarisme de droite et totalitarisme de gauche, doit être et a été abandonné. […] plus importante me parait être, dans le livre de Lévy, la recherche, en France même, de la souche d'une certaine sensibilité totalitaire, «communautariste», antilibérale, antidémocratique, au stade où cette pensée, encore indifférenciée, n'a pas commencé à se préciser en fascisme noir ou en fascisme rouge. Après tout, Péguy, Sorel, Drumont, Bernanos ont pu être utilisés, sans être trahis, par des révolutionnaires et par des réactionnaires, par des collaborateurs et par des résistants, par des socialistes et par des maurassiens, par des chrétiens et par des anticléricaux. »
  • Gilles Deleuze (l'Abécédaire), sur les révolutions : « Que les révolutions tournent mal... moi ça me fait rire, enfin, de qui on se moque ? Quand les nouveaux philosophes ont découvert que les révolutions tournaient mal... faut être un peu débile... Ils ont découvert ça avec Staline ! »
  • Bernard Kouchner : «Je crois qu'on savait depuis le début que BHL c'était du toc et on l'a laissé faire.» http://www.arenes.fr/livres/page-livre1.php?numero_livre=132&num_page=714&numero_sommaire=41
  • Jacques Bouveresse qualifie la thèse de BHL sur les Lumières et le totalitarisme de pitoyable et mauvais jeu de mots. (Essais IV - Pourquoi pas des philosophes ?)

Bibliographie

Ouvrages de BHL

  • Bangla-Desh, Nationalisme dans la révolution, 1973.
  • La barbarie à visage humain, 1977.
  • Le testament de Dieu, 1978.
  • Idéologie française, 1981.
  • Le diable en tête, 1984.
  • Eloge des intellectuels, 1988.
  • Les derniers jours de Charles Baudelaire, 1988.
  • Les aventures de la liberté, 1991.
  • Le jugement dernier, 1992
  • Les hommes et les femmes, 1994.
  • La pureté dangereuse, 1994.
  • Le siècle de Sartre, 2000.
  • Réflexions sur la Guerre, le Mal et la fin de l’Histoire, 2002.
  • Qui a tué Daniel Pearl ?, 2003.
  • Récidives, 2004.
  • American Vertigo, 2006.

Ouvrages sur BHL

  • François Aubral et Xavier Delcourt : Contre la nouvelle philosophie, Paris, Gallimard, 1977.
  • Dominique Lecourt , Les piètres penseurs, Paris, Flammarion, 1999.
  • Jade Lindgaard et Xavier de la Porte, Le B.A. BA du BHL : Enquête sur le plus grand intellectuel français, Paris, La Découverte, 2004.
  • Philippe Cohen, BHL, une biographie, Paris, Fayard, 2004.
  • Philippe Boggio, Bernard-Henri Lévy : une vie, Paris, la Table ronde, 2005.
  • Nicolas Beau et Olivier Toscer, Une imposture française , Paris, les Arènes, 2006.

Références

<references />

Liens externes

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Controverses

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