Bertrand Delanoë
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Bertrand Delanoë est un homme politique français, membre du Parti socialiste. Il est actuellement maire de Paris.
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Biographie
Né le 30 mai 1950 à Tunis, Bertrand Delanoë grandit à Bizerte et c'est pendant son adolescence que sa famille vient s'installer en France.
Il fait ses premiers pas en politique dès l'âge de 23 ans, à Rodez, en tant que secrétaire de la Fédération des socialistes de l'Aveyron. Il est remarqué pour ses talents d'orateur par le chef du Parti socialiste au niveau national, François Mitterrand, celui-ci le fait monter à Paris au début des années 1970.
Aux élections municipales de 1977, il est élu au Conseil de Paris en compagnie de Lionel Jospin, Claude Estier, Daniel Vaillant (la fameuse « bande du XVIIIe ») sur la liste de gauche emmenée par le communiste Louis Baillot.
En 1981, il est élu jeune député de Montmartre (XVIIIe arrondissement de Paris). Il devient alors porte-parole du PS, soit numéro trois national.
En 1993, il devient président de groupe du Parti Socialiste du Conseil de Paris. Il a aussi dirigé son entreprise de conseil.
En 1995, il mène comme chef de file la campagne municipale de toute la gauche parisienne contre Jean Tiberi, dauphin RPR désigné de l'ancien maire Jacques Chirac (élu Président de la République). La gauche emporte 6 arrondissements (IIIe, Xe, XIe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissement) sur les vingt que détenait la droite depuis 1983 (monopole alors surnommé le « grand chelem »).
Bertrand Delanoë est dans la foulée élu au Sénat en septembre 1995, où il devient secrétaire de la Commission des Affaires Etrangères et de la Défense.
De 1995 à mars 2001, il est le chef de l'opposition municipale.
Élection à la mairie de Paris (mars 2001)
La droite se présente divisée aux élections municipales de mars 2001, avec deux candidats antagonistes, Jean Tiberi, maire RPR dissident et sortant et Philippe Séguin, ancien député RPR des Vosges, ancien Ministre, ancien Président de l'Assemblée Nationale et ancien Président du RPR, allié à l'UDF et DL.
De leur côté, les socialistes organisent d'abord des sortes de primaires entre Jack Lang, alors maire de Blois, et Bertrand Delanoë, chef de l'opposition municipale. Les débats sont vifs. Lynn Cohen Solal, partisante de Lang, parle d'"erreur de casting" à propos de la candidature de Delanoë. Mais contre toute attente, Jack Lang abandonne la compétition pour devenir ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin, permettant à Bertrand Delanoë de ramasser l'investiture, de rassembler les socialistes, de se focaliser sur son programme et de nouer des contacts avec les Verts dans le but de rassembler la gauche au second tour. En effet, l'élection du maire de Paris n'a jamais été autant à portée de voix pour la gauche, facilité par la cacophonie, les affaires et les haines séculières au sein de la droite parisienne, majoritaire à Paris depuis 100 ans. Ainsi pour le premier tour, la gauche (communistes, chevènementistes du MDC -devenu depuis le MRC- et socialistes) est rassemblée derrière la candidature de Bertrand Delanoe alors que les Verts (menés par Yves Contassot, cadre de la Banque de France alors inconnu), font liste à part, tout en prévoyant une fusion des listes au deuxième tour.
Au soir du premier tour, face à cette liste de gauche et à celle des écologistes, la droite est majoritaire de quelques milliers de voix en voix sur la capitale mais ses candidats sont irréconciliables (dans tous les arrondissements sauf le 9è: le leader de la droite Ph.Seguin avait exclu par avance toute fusion avec les listes de J.Tiberi, alors que les Verts fusionnent avec la liste de Bertrand Delanoe.
Au soir du second tour le 18 mars 2001, c'est grâce à cette conjoncture exceptionnelle d'une droite fracturée et d'une gauche totalement unie, que Bertrand Delanoë est élu maire de Paris avec un peu plus de 48% des voix contre près de 51% aux frères ennemis de la droite divisée. Ce sont les IXe, XIIe et XIVe arrondissements qui lui ouvrent les portes de la municipalité parisienne quand il est avéré que le candidat de gauche bénéficie de plus de voix d'avance sur celui de droite.
Minoritaire d'environ 4.000 voix mais majoritaire en nombre d'arrondissements et de conseillers municipaux, la gauche gagne douze arrondissements sur vingt (certains d'entre eux d'extrême justesse avec 300 à 1500 voix d'avance). Ils conservent les six arrondissements déjà gagnés en 1995 et gagnent les IIe, IVe, IXe, XIIe, XIIIe & XIVe arrondissements. La géographie électorale met alors en évidence une fracture géographique et sociologique de Paris car tous les arrondissments gagnés par la gauche se situent à l'est et centre-est alors que tous les quartiers chics du centre et de l'Ouest de la capitale ont massivement voté pour les candidats de droite. En fait, il apparut que Delanoe devait sa victoire à cette nouvelle catégorie sociale surnommée "Bobos" (bourgeois bohèmes), jeunes cadres aux idées progressistes et aux revenus élevés. En faisant basculer le vote de certains arrondissements sociologiquement de droite (IIe, IVe, IXe et XIIe), ces "bobos" (et dans une moindre mesure les électeurs de la communauté homosexuelle) sont les auteurs de la victoire municipale de Bertrand Delanoe.
Sur ces douze arrondissements gagnés par la gauche, un est dirigé par un maire Vert (IIe), un autre par un MRC (le XIe, dirigé par le chevènementiste G.Sarre), les dix autres le sont par des élus PS (dont deux femmes maires pour les IVe et XIIe).
Bertrand Delanoë est ainsi élu maire de Paris et succède à Jacques Chirac (dont le mandat aura duré 18 années, de 1977 à 1995), et à Jean Tiberi (six années, de 1995 à 2001). C'était la première fois depuis 1871 - lors de la Commune de Paris - que l'alliance de la gauche prend, hors contexte révolutionnnaire, la tête du conseil municipal (il n'y a pas eu de maire de Paris de 1871 à 1977, année d'élection de Chirac mais le conseil municipal avait toujours été dominé par la droite).
Quasiment inconnu avant la campagne de 2000-2001, son programme est axé sur l'ouverture politique, la stabilité fiscale totale (taux des quatre impôts locaux), la transparence et le respect des lois, la consultation (Conseils de Quartiers, Conseils de la Jeunesse, Maison des Initiatives Etudiantes, Maisons des Associations, Compte-Rendus de Mandat annuels…), la solidarité, le doublement des budgets Culture (hors personnels), l'intensification des efforts sur le logement social (promesse 2001 : financement de 3 500 logements sociaux par an) et la petite enfance (crèches et halte-garderies : 4 500 nouvelles places promises dans la mandature), la lutte contre la pollution, le développement des transports propres (bus, tramway, vélos…), la qualité de vie, la propreté et le soutien à la vie associative locale.
Prises de positions
Bertrand Delanoë est favorable au droit de vote des immigrés (en situation régulière) aux élections locales, au raccourcissement de tous les mandats électifs à cinq ans, à l'interdiction d'enchaîner un troisième et même mandat consécutif, au mariage homosexuel, à la limitation stricte du cumul de mandats (partisan d'un mandat renouvelé une seule fois). Militant des Droits de l'Homme, il fut un membre actif, comme parlementaire, de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH). Il a aussi consacré plusieurs interventions (discours, chapitre de livre...) pour le droit à l'eau potable dans le monde, et a fait en sorte que la société Eau de Paris (SAGEP) finance des projets concrets d'accès à l'eau dans des pays pauvres. Défenseur de la langue française, il est aussi Président bénévole de l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) depuis 2001, qui fut créée par Jacques Chirac. Il a été élu par ses pairs, en 2004, co-Président de la nouvelle organisation des grandes métropoles du monde tous continents confondus, "Cités et Gouvernements Locaux Unis" (CGLU), qui a vu son rôle reconnu par l'ONU dès 2005.
Dès son élection, s'interdisant tout cumul de mandat et voulant être "maire à temps plein", il démissionne de son mandat de sénateur de Paris. Il choisit aussi en 2001 de ne nommer aucun maire d'arrondissement parmi ses 33 adjoints.
Bertrand Delanoë a dévoilé son homosexualité lors d'une interview télévisée en novembre 1998 sur M6, bien avant les élections municipales afin que ce thème ne soit pas au centre du débat électoral. Il ne tient pas une part active dans la communauté homosexuelle. Il a augmenté les subventions municipales aux associations gays & lesbiennes comme Act-Up,le Centre Gay & Lesbien (CGL), SOS Homophobie, le Festival de Films Gays & Lesbiens ou encore aux diverses organisations de lutte contre le sida (Aides, Sida Info Service), Paris étant depuis le début des années 80 la ville la plus touchée en Europe.
Le 5 octobre 2002, il est poignardé pendant les festivités de la première Nuit Blanche en plein Hôtel de Ville. Son agresseur, Azedine Berkane, un marginal au chômage, aurait affirmé à la police qu'il hait "les politiciens, le PS Parti Socialiste" et aussi les homosexuels. Le corps médical le déclarera irresponsable mentalement, et le fera interner en hôpital psychiatrique. Bien que la blessure soit sérieuse, le maire de Paris en réchappe et il peut quitter l'hôpital au bout d'environ deux semaines et poursuivre sa convalescence pendant plus d'un mois dans le sud-ouest.
En avril 2006, il est fait Docteur Honoris Causa par l'Université du Québec (Canada).
Réalisations de la mandature municipale (2001-…)
- Les projets phares de la mandature : la réduction de la circulation automobile au sein de l'agglomération, via un projet de tramway (co-financé par l'État, la Région et la Ville) non-polluant (sur les boulevards des maréchaux, entre l'ouest du XVe arrondissement à l'est du XIIIe, afin de fluidifier le trafic parisien), l'extension des zones piétonnes, l'amélioration des couloirs protégés existants pour les bus, taxis et véhicules d'urgence (pompiers, police, Samu…), la réduction de la pollution (mesurée par les capteurs d'Airparif, cette diminution de la pollution a débuté bien avant 2001 comme l'a confirmé Air Parif au et résulte principalement des nouvelles normes de construction automobile avec la généralisation des pots catalytiques).
- Culture: Instauration dès début 2002 de la gratuité pour les collections de la quinzaine de Musées municipaux (Petit Palais, Musée d'Art Moderne de la Ville, Musée Carnavalet, Musée Cernushi…), dont 3 ont vu depuis 2001 une vaste rénovation et modernisation (agrandissement, présentation sur internet, accès handicapés...). D'autres projets concernent la Gaîté Lyrique destinée aux arts & créations numériques et le "104 rue d'Aubervilliers" (19ème, anciennes Pompes Funèbres) pour les arts plastiques. En 2002, en dépit de ses promesses d'avril 2001, il désengage la municipalité du Festival du film de Paris (dont la subvention municipale représentait 30% du budget) précipitant la disparition de cette manifestation culturelle populaire vieille de 20 ans en dépit du soutien des artistes du spectacle à sa présidente. Il fait également supprimer la subvention municipale au festival de danse de Paris, avec les mêmes conséquences.
- Festivités : Organisation de nouvelles manifestations publiques comme la mise en place d'une plage géante avec des animations gratuites (sports, bassin de baignade, aviron, plages pour les enfants, emprunt de livres, spectacles…) sur les bords de la Seine (Paris-Plage, copié dans une dizaines de métropoles internationales), chaque été depuis 2002, ou la "Nuit Blanche" (également copiée…).
- Impôts : Arrivé avec un programme ambitieux de dépenses publiques et d'investissements importants (logements, crèches, doublement du budget culture hors personnel, gymnases, piscines, jardins...), Bertand Delanoe s'était engagé durant la campagne à ne pas augmenter les taux d'impôts locaux (taxe d'habitation, taxe foncière, taxe professionnelle…), déjà relativement bas, mais couplés à un coût de la vie cher. Conseiller de Paris, il connaissait la situation financière de la ville de Paris et savait ainsi qu'il disposait de marges de manœuvres financières conséquentes et que le taux d'endettement par habitant des parisiens était un des plus faibles de France. Pour appliquer son programme, Bertrand Delanoe préfère recourir à l'emprunt, doubler le poids de la dette par habitant et effectuer des économies sur les achats, en fourniture électrique ou sur les télécoms. Pour justifier sa politique, il s'appuie sur la note maximale "AAA" (Paris est la seule ville de France à l'avoir obtenu), donnée par l'agence de notation financière internationale Standards & Poors, permettant à une collectivité d'emprunter aux meilleurs taux pour ses investissements.
- Logements sociaux : Pronant la fin du déséquilibre géographique en terme de logement social entre l'ouest et l'est de la capitale (certains arrondissements de l'Ouest et du centre de Paris comptent moins de 1% de logements sociaux, quand d'autres, à l'Est, en compte 40%), il décide d'imposer la création de logements sociaux par le rachat couteux d'immeubles entiers ou par l'aménagement d'un nombre minimum de ces logements (25% de logement social selon le Plan Local d'Urbanisme) dans les rares nouveaux programmes immobiliers de plus de 1.000 m2. Il fait également inscrire dans le budget annuel de la Ville de Paris le financement (avec le concours normal les bailleurs et l'Etat) de 4.000 logements sociaux par an en Ile de France. Par ailleurs, c'est sa municipalité qui cède en 2002 à l'Assistance Publique des Hopitaux de Paris des immeubles entiers, à charge pour ce dernier d'expulser les locataires avant de mettre les appartements à disposition de leur personnel ou de procéder plus simplement à la revente de l'immeuble entier (cas emblématique rue Wilhem, dénoncé par la Cour des Comptes en 2006). Selon le bilan 2001-fin 2005 présenté par la mairie, un total de 18.622 logements en 5 années a été financé, soit une moyenne de 3.724, comprenant également la réfection de logements anciens. Mais dans les faits, pas plus de 1 000 logements sociaux (sur un total de 2 500 logements neufs construits) sont mis en chantier chaque année alors que le déficit de la construction en Île-de-France se creuse de 20 000 à 30 000 logements par an.
- Immeubles insalubres : B. Delanoë s'était engagé à ce qu'il n'y ait plus d'immeubles insalubres appartenant à la Ville de Paris d'ici 2007. Il dispose ainsi de la SIEMP (Société immobilière d'économie mixte de la Ville de Paris), présidé par un élu écologiste, René Dutrey, chargé notamment de traiter les 423 bâtiments les plus dégradés de la ville. Sur 1000 bâtiments catalogués comme taudis depuis un recensement fait en 2002, 136 étaient en voie de réhabilitation en 2005 et 6 réhabilités. L'équipe municipale a déploré la lenteur des procédures d'expropriation comme sur le relogement des familles sans-papiers, non éligibles à l'attribution d'un logement HLM. C'est ce dossier, et celui des logements sociaux, qui finit par provoquer une crise politique au sein de la majorité municipale en septembre 2005 entre socialistes et écologistes puis un pugilat avec plusieurs militants notamment d'"extrême gauche" perturbant avec violence une réunion de compte rendu de mandat (dans le 19ème arrondissement) en octobre 2005.
- Emplois municipaux : Entre 2001 et 2005, avec le passage de la durée du temps de travail à 35h et la création de nouveaux équipements (crèches, sports, maisons des associations...), la Mairie a recruté 5 000 nouveaux agents. Elle emploie à présent 46 000 agents répartis en plus de 120 métiers.
- Toponymie : Nonobstant le fait que des artères de la capitale rendaient déjà hommage à des personnalités de gauche (Auriol, Jaurès, Blum, Blanqui, Simone de Beauvoir…), il se fait un point d'honneur à gauchir et féminiser davantage des sites & endroits parisiens notamment en inaugurant de rares nouvelles voies ou places mais aussi en faisant rebaptiser quelques rues. Ainsi, contre l'avis de la majorité UMP du VIIe arondissement et des riverains du boulevard de la Tour-Maubourg, il fait rebaptiser par sa majorité au Conseil de Paris la place Santiago du Chili en place Salvador Allende. Contre l'avis du conseil municipal du 1er arrondissement (majorité UMP) et en dépit de l'abstention d'élus verts, Bertrand Delanoë fait rebaptiser par sa majorité une portion des quais historiques et prestigieux du Louvre et des Tuileries au nom de François Mitterrand, dont le patronyme a déjà été donné au site de la Bibliothèque nationale. Le maire invoqua alors les "Grands travaux" de Mitterrand (Pyramide du Louvre, Grande Arche…) pour justifier son choix de rebaptiser un quai prestigieux situé dans un arrondissement de droite. D'autres endroits (place, rues, esplanade, jardins) sont baptisés du nom de personnalités très diverses (écrivains, activistes révolutionnaires, autocrate tunisien, militants ou syndicalistes communistes, féministes, actrices, hommes politiques, résistants…). Parmi celles-ci, on retiendra les noms de Jean Pierre-Bloch (ex-rue Alexis Carrel), Marguerite Duras, Louise Michel (au pied du sacré cœur !), Coluche, Maurice Audin, Marlène Dietrich, Habib Bourguiba, Olympe de Gouges, Pierre Mendès France (sur une partie de l'avenue de France), Jacques Chaban-Delmas, Henri Krasucki, Bernard Lazare, Marguerite Yourcenar, Léopold Sédar Senghor, Marguerite Yourcenar, Loulou Gasté (auteur compositeur, mari de Line Renaud), Michel Debré et encore une fois Simone de Beauvoir pour la passerelle qui reliera en 2006 les quartiers Bercy (12è) à Tobiac (13è)… qui sera le tout premier des 34 ponts de Paris à honorer une femme.
- Symbolisme : En 2002, au nom de la lutte contre la peine de mort et contre la discrimination raciale, la majorité municipale de la Ville de Paris fait citoyen d'honneur Mumia Abu-Jamal, condamné à mort en 1982 aux États-Unis pour le meurtre d'un policier. La franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guérilla d'extrême gauche des FARC, a aussi été faite citoyenne d'honneur de Paris. Pablo Picasso et Marie Curie étaient jusque là les seuls à avoir été faits citoyens d'honneur.
- Wi-Fi : En avril 2006, il a confirmé depuis San Francisco sa volonté de doter Paris d'un réseau Wi-Fi gratuit, il a aussi signé avec Gavin Newsom la convention dite des « Villes Numériques Soeurs » qui comprend déjà San Francisco, Toronto, Singapour, Prague, Mexico et Madras<ref>Paris, ville lumière bientôt Paris, ville numérique</ref>.
Critiques
- Ses détracteurs accusent Bertrand Delanoë d'accentuer la fracture sociologique de Paris en la caricaturant en une ville des aisés et des aidés ou encore une ville de bobos. Si l'exode de la classe moyenne n'est pas enrayé, il ne restera en effet que deux catégories principales d'habitants dans la capitale que sont les gens très riches ou ceux très assistés. A cette distinction sociologique classique s'est ajouté une troisième et nouvelle catégorie sociale que sont les "Bobos" (bourgeois bohèmes), qui ont fait basculer le vote de certains arrondissements aisés. Reste que selon les derniers recensements INSEE, pour la première fois depuis 40 ans la population de Paris a cru: +20.000 depuis 2000.
- La guerre faite à la circulation automobile, par exemple la mise en sens unique de nombreuses voies (ex : rue de Pelleport), création de couloirs protégés (dits "en site propre") pour les bus taxis et vélos, les travaux du tramway (13è, 14è et 15è arrondissements) ou couverture du périphérique sur 2 potre (porte de vanves et porte des lilas) ou encore l'interdiction temporaire des voies sur berges rendent l'acces de certains quartiers impossibles et les embouteillages quasi-permanents par endroits du fait des travbaux du tramway (ex : porte de Versailles), qui prendont fin en novembre 2006. Bertrand Delanoë est même accusé par la journaliste du Point Sophie Coignard d'être "l'homme qui a inventé les embouteillages la nuit" dans son livre-pamphlet "le marchand de sable". Ses adjoints verts, à commencer par Denis Baupin, sont traités de "khmers verts".
- Les places en crèche et halte-garderie: notoirement en nombre insuffisant depuis de longues années, Bertrand Delanoë en a fait une de ses priorités. Il a ainsi aménagé une crèche au sein même de l'Hôtel de ville dans les anciens appartements privés autrefois alloués gratuitement aux maires de Paris. L'engagement de son équipe, en 2001, était de créer 4500 nouvelles places à Paris. Au bout de quatre ans, le nombre de places créées (2500), dont de nombreuses avaient été planifiées sous la précédente mandature, restent encore insuffisantes (moins de 50% des demandes de places en crèche sont satisfaites, seulement 12% dans le XVIe arrondissement) alors que de nombreuses halte-garderies privées sont créées mais à des coûts prohibitifs (36 Euros en moyenne la demi-journée de garde!).
- L'allocation Paris Petite Enfance (APPE): D'un montant de 260 euros par mois, elle était destinée, depuis de nombreuses années, quelque soit le revenu du foyer, à aider au financement des modes de garde des couples avec enfants en bas âges qui n'avaient pas obtenu de places en crèche et qui devaient recourir aux services d'une nourrice à domicile. S'ajoutant aux aides de la CAF, l'APPE permettait de prendre en charge une petite partie des charges sociales (supérieures à 2200 € par trimestre). La municipalité de Bertrand Delanoe a décidé d'en interdire l'accès aux couples de la classe moyenne et supérieure, allocataires de la PAJE depuis 2004, introduisant une discrimination dans une allocation jusque là universelle. Cette nouvelle discrimination s'est révélée sexiste, pénalisant les femmes qui travaillent, et a participé à l'augmentation du recours au travail au noir (nourrices et aides maternelles non ou semi déclarées). Parallèlement, la Mairie a augmenté les aides au logement, accordées sous conditions de revenus, qui seront dorénavant accessibles dès le 2è enfant (et non plus le 3è). Censés être plus justes socialement car destinées aux familles en difficultés, elles reviennent en fait moins chers à la municipalité du fait de la composition sociologique de Paris et du nombre plus restreint de ces familles parisiennes en difficultés en dessous du plafond des revenus.
- Critiques internes à la majorité municipale: En septembre 2005, une crise politique sans précédent au sein de la majorité municipale éclate entre les socialistes et les écologistes à propos du logement social et des solutions d'urgence à mobiliser contre l'insalubrité. C'est l'adoption de cinq vœux et amendements du PC et des Verts obtenus par le soutien des votes de l'UMP qui débouche sur cette crise et la démission des Verts de Christophe Girard, l'initiateur de la Nuit Blanche et adjoint à la Culture, jugeant que les "votes convergent avec l'UMP" signaient, pour les Verts parisiens, la rupture de leur "engagement majoritaire". Le débat sera clos par un vœu consistant à demander l'augmentation du nombre de logements dévolus aux habitants logés dans des immeubles insalubres et le reclassement de 500 logements de la ville actuellement classés en logement intermédiaire, réduisant encore le nombre de logements destinées aux classes moyennes, au dépend également de la mixité sociale dans les quartiers populaires.
- Compte rendus de mandat: Seuls 2 des 8 maires des arrondissements de droite acceptent d'assister à ces réunions ouvertes à tous les habitants, prétextant parfois y être conspués par le maire de paris. C'est le cas en matière de logements sociaux par exemple. Au cours d'un compte rendu de mandat début octobre 2005 dans le fief de gauche du XIXe arrondissement, Delanoë est pris vigoureusement à partie par des militants d'extrême gauche et anarchistes (selon la mairie et la police) et par des membres de Collectifs d’habitants expulsés. obligé d'abréger la réunion, Delanoë déclara à l'encontre des mécontents « Si vous n’êtes pas contents, sortez» (...). Lors d'autres réunions, les intervenants évoquent des problèmes locaux, questionnent sur différents services publics municipaux (sports, culture, propreté...) ou d'État (RATP, la Poste, hopitaux, police...) évoquent les problèmes de transport alors que la mairie valorise la baisse de la circulation automobile (- 15% entre 2001 et fin 2005) et le record de fréquentation des bus et métros (+ 8% du trafic voyageurs RATP depuis 2001) cependant sans augmentation du nombre de rames journalières (Information confirmée par la RATP au magazine "90 minutes" en février 2006), ce qui n'est pas contradictoire (suppression de plusieurs axes rouges, travaux de voiries, piétonisation de quartiers, agrandissement de couloir de bus ...).
Autres activités municipales et nationales
Bertrand Delanoë travaille aussi sur l'importance des collectivités locales à l'échelle mondiale. Comme Maire de Paris il préside de fait l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), principalement active pour le coopération et les échanges avec des villes d'Afrique et d'Asie. En mai 2004, il devient coprésident de l'organisation Cités et gouvernements locaux unis (CGLU). Cette organisation se donne pour but, à sa création en 2004, la coopération internationale grâce à l'échelon administratif local et à faire reconnaître par l'ONU le rôle des collectivités locales.
B. Delanoë siège de manière permanente au Bureau National (BN) du PS depuis 1995.
Lors des élections législatives en juin 2002, la droite subit encore les séquelles de ses divisions de 2001 et la gauche emporte onze des vingt et un sièges de députés de la capitale (notamment deux nouveaux députés Verts dont la contestée Martine Billard, élue contre le tibériste Jean-François Legaret, maire UMP du Ier arrondissement).
En 2004, il se prononce comme la majorité du Parti socialiste en faveur du oui au référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe. Au soir du 29 mai 2005, alors que le reste de la France rejette le traité constitutionnel, le oui obtient un score de 65% sur la ville de Paris, l'emportant dans les 20 arrondissements. Mais Les arrondissements du centre et de l'ouest, aux population de classes moyennes et aisées, ont voté très massivement oui (avec des records à près de 80% dans certains d'entre eux), ceux du centre (60-70%) alors que ceux les plus à l'est et nord-est (les moins favorisés) ont plafonné à 55 %. Ce vote parisien est en bonne partie dû au niveau socio-culturel et d'éducation de ses habitants ; les statistiques ont en effet montré que débat oui/non s'est en fait ramené à une opposition entre les Français qui ont suivi des études supérieures et les autres.
Candidate aux Jeux Olympiques de 2012, la ville de Paris est battue en final, sur le fil, par la ville de Londres le 6 juillet 2005, à 4 voix près seulement, après avoir battu Madrid, New York et Moscou aux tours de vote précédents. Bertrand Delanoë, qui n'avait pas ménagé ses peines sur ce projet de candidature, accusera publiquement Tony Blair et la direction du comité de candidature de Londres de ne pas avoir respecté trois des règles édictées par le Comité Olympique International (CIO) lui-même (d'«avoir franchi la ligne jaune»). Le journal Le Monde, mi-avril 2006 évoquera le rôle d'influence de l'ancien président du CIO Juan Antonio Samaranch (qui aurait rabattu des votes de pays de l'Est), une coalition "anti-Chirac" de la part des Premiers Ministres anglais (Tony Blair) et italien (Silvio Berlusconi). L'article mentionne aussi 6 votes acquis à Londres suite à ce qui est qualifié de corruption active.
Depuis cet échec, il recentre son action sur ses promesses de 2001. Cependant, durant l'été 2005, deux immeubles sont incendiés en plein Paris et sa politique du logement, notamment sa lutte contre les immeubles insalubres, est remise en cause notamment au sein de sa propre majorité. Delanoe contre-attaque et, en dépit de la décentralisation, se défausse sur l'état et le parlement pour expliquer les lacunes reprochées à la municipalité. Il s'en prend ainsi aux délais légaux imposées permettant de prendre en main les immeubles insalubres privés ainsi que le manque d'engagement de l'État sur cette question.
Ouvrages
- Pour l'honneur de Paris éd. Calmann-Lévy, 1999 ;
- La Vie, passionnément (autobiographie), éd. Robert Laffont, septembre 2004 ; édition de poche chez Pocket (2005).
Voir aussi
Articles connexes
Notes et références
<references />
Bibliographie
- Pascale Sauvage :
- Philippe Martinat, Bertrand Delanoë : Qui c'est ce garçon ?, éd. Belfond, 2004.
- François Devoucoux, Pariscide, éd. La Table Ronde 2005, 250p
- Sophie Coignard, Le Marchand de sable, éd. Albin Michel, 2006, 224p
Liens externes
- Reportage de la BBC sur l'agression du 5 octobre 2002
- Biographie de Bertrand Delanoë sur le site de la mairie de Paris
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