Centre national de la recherche scientifique

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Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est un organisme public français (EPST) de recherche fondamentale fondé le 19 octobre 1939, à la suite d'une fusion entre la Caisse nationale de la recherche scientifique et l'Office national des recherches scientifiques et des inventions. Il fut réorganisé après la Seconde Guerre mondiale et s'orienta alors nettement vers la recherche fondamentale.

Sommaire

Chronologie


Les domaines de recherche

Tout en se penchant sur tous les domaines de la connaissance, il est administrativement découpé depuis 2005 en six départements scientifiques :

Organisation

Le CNRS est constitué de plus de mille deux cents laboratoires qui peuvent être de différents types :

  • les unités propres de recherches (UPR) ;
  • les unités mixtes de recherches (UMR) qui dépendent aussi d'une université ;
  • les unités de recherche associée (URA) ;
  • les unités de service et de recherche (USR) ;
  • les formations de recherche en évolution (FRE), laboratoires en instance de devenir UMR.

Chaque laboratoire dépend d'un (ou parfois plusieurs) département scientifique.

Certains laboratoires dépendent aussi d'un des deux instituts du CNRS :

La direction du CNRS

Catherine Bréchignac a été nommée depuis le 11 janvier 2006 présidente du CNRS suite à la démission de Bernard Meunier, le 5 janvier 2006. Mme Bréchignac était directrice générale du CNRS de 1997 à 2000.

Arnold Migus a été nommé directeur général du CNRS le 18 janvier 2006 suite à la mise à l'écart de l'ancien directeur Bernard Larrouturou.

Polémiques

L'ancien ministre de la Recherche Claude Allègre avait défrayé la chronique en engageant une réforme importante du CNRS, ce qui conduisit à des manifestations de la part de chercheurs français.

La faible productivité scientifique supposée du CNRS fut souvent un sujet de polémique en France :

  • Charles de Gaulle, à propos du CNRS : « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche. »
  • Georges Pompidou : « C'est un énorme organisme ingouvernable, une juxtaposition de coteries. C'est un rassemblement de chercheurs fonctionnarisés installés dans leur fromage jusqu'à la retraite, sans autre souci que de s'adonner à leurs marottes, qu'elles débouchent ou non sur des découvertes… Ces gens-là dépensent de l'argent public sans aucun scrupule... »
  • La loi dite Chevènement fonctionnarisant le CNRS, sera propice aux polémiques :
    • les favorables considèrent que les chercheurs vont ainsi bénéficier d'une stabilité propice aux recherches fondamentales et que la recherche ne sera plus dépendante de la grande industrie et des financements privés.
    • les opposants noteront que la machine administrative ainsi créée ne peut encourager les bons et les jeunes chercheurs rapidement démotivés par la permanence de chercheurs médiocres qui avancent au bénéfice de l'âge et sont défendus hors des critères scientifiques.

En 2002, Olivier Postel-Vinay, directeur de la rédaction du magazine « La Recherche », publiait son livre Le grand gâchis - splendeur et misère de la science française, ouvrage dénonçant ce qu'il nomme les ratés de l'institution. Ainsi, l'auteur notait que le CNRS emploie onze mille chercheurs environ, mais ne parvient à en licencier qu'un ou deux chaque année et que, souvent, ils sont annulés par le tribunal administratif (les chercheurs du CNRS ayant un statut de fonctionnaire ne dépendent pas de la juridiction des prud'hommes comme leurs collègues du privé).

L'hebdomadaire « L'Express » du 2 février 2004, citant un rapport de l'Inspection générale des finances sur le CNRS, note les défauts suivants : « Mauvaise répartition des moyens, doublons, absence de contrôles, statut rigide des chercheurs, et surtout une direction qui ne dirige pas grand-chose. »

En 2001, la Cour des comptes reprochait au CNRS son « absence de stratégie » et notait que les découpages en chapelles scientifiques constituent un frein majeur à la capacité interdisciplinaire de l'établissement. La cour note également la rigidité thématique, la faiblesse des opportunités d'expression des jeunes talents, le recrutement endogamique (40 à 50 % des recrutements dans le laboratoire de préparation du doctorat), le faible impact de l'évaluation des chercheurs sur leur carrière et les primes distribuées sans lien avec la qualité des services effectués.

De nombreuses critiques ont été émises par la Cour des comptes et l'Inspection générale des finances sur le fait que ces laboratoires seraient rarement, voire jamais, évalués de manière indépendante. Ces institutions notent que la plupart de ces laboratoire répugneraient à utiliser la bibliométrie comme critère d'évaluation, contrairement aux organismes anglo-saxons. Le syndicat SNCS-FSU s'oppose à la généralisation de la bibliométrie.

Ces polémiques, nées pour la plupart en 2002 dans la frange libérale du monde politique, sont à replacer à l'époque dans un contexte de fronde de l'ensemble de la recherche publique contre le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, accusé de coupe importante dans les crédits de la recherche. Plus récemment, elles sont également liées à une volonté de reprise en main politique de la stratégie scientifique d'un organisme jugée par trop indépendant.

Le syndicat de chercheurs SNCS-FSU demande plus de postes statutaires (fonctionnaires inamovibles) au sein de l'institution et refuse la généralisation de l'évaluation des individus, il préfère l'évaluation des recherches mais pas de façon bibliométrique.

La loi sur la recherche a été débattue au parlement le 7 mars 2006, elle est loin de répondre aux demandes des chercheurs du CNRS et des autres organismes de recherche publique en particulier ceux du collectif "Sauvons la Recherche".

Le CNRS en chiffres

  • Au 1er janvier 2003, il y avait 26 167 personnes travaillant au CNRS.
  • Au 1er janvier 2004, ils étaient 26 080.
  • Le budget du CNRS s'élevait à 2 214 millions d'euros en 2004.
  • L'échelle des salaires va de 1 260 euros (salaire brut minimal d'un adjoint technique de la recherche début de carrière) à 6 032 euros (pour un directeur de recherche hors classe, fin de carrière).
  • Plus de 4 000 brevets actifs


Le bilan social 2004 du CNRS

D'après le bilan social 2004 publié par la direction des ressources humaines du CNRS, Les effectifs des personnels du CNRS en 2004 étaient de

  • 25 980 agents fonctionnaires dont
    • 11 626 chercheurs dont 3625 femmes
    • 14 354 IT (ingénieurs, techniciens) dont 7460 femmes
  • 11 695 non permanents ou stagiaires.

Les emplois du CNRS sont inégalement répartis sur le territoire, puisque 41,7% sont en Île de France, 11,7% en Rhône-Alpes,... pour 0,2% en Limousin et 0,1% dans les Dom-Tom.

Les emplois techniques sont divisés en BAP (Branche d'activité professionelle) numérotées de A à H :

  • BAP A : Sciences du vivant
  • BAP B : Sciences chimiques et sciences des matériaux
  • BAP C : Sciences de l’ingénieur et instrumentation scientifique
  • BAP D : Sciences humaines et sociales
  • BAP E : Informatique et calcul scientifique
  • BAP F : Documentation, édition, communication
  • BAP G : Patrimoine, logistique, prévention
  • BAP H : Gestion scientifique et technique

Le recrutement se fait par concours externe, la promotion par concours interne, selection professionnelle, proposition au choix. Les emplois sont aussi divisés en corps :

  • Ingénieurs, classés dans la catégorie A de la fonction publique.
    • Les ingénieurs de recherches (IR) titulaires d'un Diplôme d'ingénieur délivré par une ENSI, d'un doctorat, d'une agrégation.
    • Les ingénieurs d'études (IE) titulaires d'une licence, d'une maîtrise, d'un DEA, d'un DESS ou d'un diplome d'ingénieur non reconnu pour postuler au coprs des IR
    • Les assistants-ingénieurs (AI) titulaires d'un DUT ou BTS .
  • Techniciens (TCN=technicien classe normale, TCS=technicien classe supérieure, TCE=technicien classe exceptionnelle ): Titulaires du Baccalauréat, ou d'un DEUG, qui correspond à la catégorie B de la fonction publique
  • Adjoints techniques (AJT): titulaires d'un CAP ou BEP correspondant à la catégorie C de la fonction publique.

Les diplômes indiqués sont ceux exigés lors de l'inscription aux concours externes.


La répartition suivant les BAP et les Corps

Le tableau suivant donne la répartition des personnels techniques, suivant la branche d'activité (BAP) et les différents corps.


BAP Nb d'agents age moyen % de femmes I(IR,IE,AI) T(T,AJT)
A194344,2 ans70,3% 1144799
B106743,4 ans43,3%852215
C289544,1 ans10,4%2195700
D159752,4 ans58,3%5907
E186743,4 ans24,4%1676191
F125048,3 ans43,6%819431
G72445,1 ans21,5%155569
H395444,3 ans86,5%12922662

La place des femmes au CNRS

Chez les chercheurs, les femmes sont nettement en minorité (3 625/11 626), cette tendance n'a pas évolué depuis 10 ans comme le montre le tableau ci dessous: (DR1 et DR2 signifie directeur de recherche classe 1 et 2 CR2 signifie chargé de recherche classe 2)

corps 2004 1994
DR111,7%15,4%
DR225,2%23,5%
CR2 35,7% 34,5%
IR 29,1% 27,3%
IE 49,6% 46,9%
AI 48,8% 45,8%

Les tableaux ci dessus montrent que les femmes sont très largement majoritaires dans la Bap H (86,5%) qui est celle des secrétariats, de la gestion, les techniciennes y sont deux fois plus nombreuses (2662) que les emplois de cadre A (1292).
Les femmes sont très peu nombreuses (10,4%) en électronique-mécanique, mais aussi en informatique (moins de 25%), par contre elle sont majoritaires en biologie, et en sciences humaines, proportion qui se retrouve en faculté où les étudiantes sont plus nombreuses que les étudiants dans ces filières.

Le temps partiel au CNRS

1836 agents dont 1634 femmes (soit 88%) exerçaient leur activité à temps partiel, cela représente 7,1% de l'effectif qui se répartissent de la façon suivante :

  • 2% des chercheurs
  • 11,2 des IT

la répartition suivant le temps de travail et l'évolution depuis 1994 est la suivante :

ratio 1994 1999 2004
50%29,4%19,3%17,2
60%4,1%3,6%2,8%
70%3,2%2,8%2,1%
80%56,2%64,8%66,8%
90%7,1%9,5%11,1%

Les emplois non permanents

En 2004, 11 695 personnes ont été rémunérées par le CNRS sur des postes non permanents (CDD, vacataires, accueil en détachement depuis une entreprise privée, action de valorisation ...)

La politique sociale au CNRS

le budget de la politique sociale du CNRS était de :

  • 25 986 002 € en 2000
  • 26 442 133 € en 2001 soit + 1,7%
  • 27 313 470 € en 2002 soit + 3,2%
  • 27 433 470 € en 2003 soit + 0,44%
  • 27 937 470 € en 2004 soit + 1,8%

Le budget de l'action sociale augmente donc moins vite que l'inflation.
La restauration utilise 63,9% des dépenses sociales. Il y a au CNRS 28 médecins de prévention auxquels on ajoute 25 médecins du travail interentreprises et 33 médecins de prévention de l'université ; celà fait donc un total de 86 médecins pour 26 000 agents permanents.

Le CNRS et les distinctions

Internes

Depuis 1954, le CNRS décerne chaque année trois médailles à ses chercheurs :

Depuis 1992, le CNRS décerne aussi une autre récompense appelée Cristal, aux techniciens, ingénieurs et personnels administratifs pour leur « maîtrise technique et leur esprit innovant ».

Prix Nobel

Plusieurs médailles d'or du CNRS ont reçu le prix Nobel quelques années plus tard.

Médaille Fields

Prix Abel

Autres

  • 2003 : la Délégation aux entreprises reçoit l'European Grand Prix for Innovation Awards, prix européen de l'innovation pour les organismes scientifiques.

Voir aussi

Lien externe

en:Centre national de la recherche scientifique es:CNRS pl:Centre national de la recherche scientifique

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