Judaïsme
Un article de Savoir.
Cet article traite de la religion juive. L'histoire et la description des Juifs en tant que peuple, ainsi que leur culture "non religieuse", font l'objet d'une entrée séparée dans l'article : Juif.
Le judaïsme est la plus ancienne des religions du Livre ("Livre" se dit en grec "Biblos") ou "abrahamiques", et la moins importante en nombre de fidèles, principalement du fait de nombreuses conversions, forcées ou non, survenues au cours de l'histoire.
Il est fondé sur la Torah (Loi), qui débute par la création du monde et raconte la Sortie d'Egypte, le don des Tables de la Loi et des Dix Commandements, puis la Traversée du désert des Hébreux, sous la conduite de Moïse, le prophète qui, sur le mont Sinaï parle face à face avec YHWH, Elohim au Nom ineffable.
La Torah est à l'origine du concept du Dieu Un, Unique, omniscient, omnipotent, juste, charitable, miséricordieux et transcendant, qui a créé le monde, et continue de S'impliquer dans sa destinée auquel croient également les chrétiens et les musulmans et auquel font référence les philosophes (à l'exception peut-être de Plotin qui y arrive par son cheminement propre). Recueil d'histoires, d'éthique et de prescriptions, la Torah sert de base au mode de vie juif et à la pratique du Judaïsme.
Le courant majoritaire du judaïsme est le judaïsme rabbinique. Il considère comme inspirés, outre la Torah, les livres des Prophètes et les autres Écrits, l'ensemble constituant le Tanakh, et la Loi orale, donnée selon lui en même temps que la Loi écrite sur le mont Sinaï. Il a élaboré à partir de cette dernière la Mishna puis le Talmud, à caractère législatif. Il existe également une tradition rabbinique se focalisant davantage sur les aspects ésotériques de la Torah, comme la Création du Monde (Ma'asse Bereshit), reçue de maître à disciple (dans un certain secret), d'où son nom de Kabbale, et dont l'ouvrage le plus important est le Zohar.
Nota bene
- Juif ou juif ?
- Hébreu, Juif, Israélite, Israélien :
- L'Hébreu est un descendant d'Eber. Les Hébreux sont peut-être identifiés aux Apirou, Habiru dans les tablettes de Tell Amarna.
- Le Juif est un "Judéen", c'est-à-dire un Hébreu ou un converti, vivant selon les lois, coutumes et croyances du royaume de Judée, rapportées dans la Bible.
- L'Israélite est un descendant, biologique (pour autant qu'il ait maintenu ses croyances) ou spirituel, du patriarche Jacob qui, après avoir vaincu un ange, reçut le nom d'Israël.
- L'Israélien est un citoyen de l'État d'Israël. Être Israélien est une question de passeport, non de religion.
Et donc:
- Tous les Israéliens ne sont pas juifs, tous les Juifs ne sont pas israéliens.
Être membre de la "nation (ou du peuple) d'Israël ne signifie pas être citoyen de l'Etat d'Israël. Aujourd'hui, Israël est la première communauté juive du monde, devant les Etats-Unis.
Certains Juifs vivent sur la terre d'Israël, mais refusent d'opter pour la nationalité israélienne, allant jusqu'à battre monnaie, "cultiver leur propre jardin" et vivre en autarcie pour y parvenir.
Par ailleurs, il ne faut pas être Juif pour être Israélien : il y a des Israéliens musulmans, chrétiens, et même, depuis peu, agnostiques.
- Tous les Juifs sont Israélites, car descendants biologiques ou spirituels d'Israël. Cependant, tous les Israélites ne sont pas Juifs.
En effet, le mot "judaïsme" désigne l'ensemble des lois, coutumes et croyances du royaume de Judée, dont la capitale était Jérusalem. Les Samaritains, bien que d'ascendance israélite, n'ont pas été reconnus comme tels par les Judéens revenant de l'exil babylonien, et ont dû centraliser leur culte sur le Mont Garizim. Leur Bible est légèrement différente, et ils n'incluent ni les Prophètes ni les Autres Ecrits dans leur canon. Il s'agit donc d'une communauté parente, mais pas d'une communauté juive. En revanche, ils sont Israélites, et certains sont Israéliens.
- Tous les Juifs ne sont pas des Hébreux. Tous les Hébreux ne sont pas des Juifs
D'une part, bien que peu porté au prsélytisme, le judaïsme compte en son sein un nombre non négligeable de convertis. D'autre part, Terah, Loth, Ismaël, etc. sont indubitablement des Hébreux, mais pas des Juifs, pas plus d'ailleurs qu'Abraham : la première mention d'un peuple issu d'Israël se trouve dans l'Exode, celle du terme Juif (Yehoudi) dans le Livre d'Esther.
Fondements du judaïsme
Le monothéisme
Vue traditionnelle
D'après la tradition juive, le monothéisme fut la première croyance humaine, Adam sachant qu'il n'y avait qu'Un et Unique Dieu.
Le polythéisme serait né deux générations plus tard, les gens priant diverses "puissances" d'intercéder en leur faveur auprès de Dieu; les cultes accessoires l'emportent ensuite sur le culte principal.
Abraham redécouvre le monothéisme (à l'âge de trois ans, selon le Midrash) après avoir compris qu'il doit exister Un Être Suprême, et que celui-ci ne S'embarrasse pas d'un panthéon. Il Est transcendant, immanent, omnipotent, omniscient, bienveillant. Dieu Se révèle alors à Abraham, contracte une Alliance avec lui, qu'il renouvelle avec son fils Isaac puis son petit-fils Jacob.
Plus tard, Dieu envoie Moïse annoncer au peuple qu'Il va le sortir d'Égypte, conformément à l'Alliance. Il Se présente au peuple comme Celui qui Est (Ehye asher Ehye, Je Serai celui que Je Serai), c'est-à-dire au sens littéral Celui qui Est près de Son peuple lorsqu'Il le fera sortir d'Égypte.
Pour les Israélites, Il est donc non seulement le Créateur du monde, déterminant le cours des choses, Gardien de l'ordre naturel, mais aussi, Dieu providentiel qui ne se gêne pas pour intervenir directement dans le cours de l'Histoire.
Le monothéisme est aussi l'un des dix commandements que Dieu instruit à Moïse de prescrire au peuple:
- ...Je suis YHWH, ton Dieu. N'aie pas d'autres dieux devant Moi. Ne les représente pas par une statue sculptée, une icône, ou quoi que ce soit, dans les cieux au-dessus, dans la terre ci-bas, et dans les eaux sous la terre. Ne te prosterne pas [devant eux] ni ne les honore. (Exode 20)
- Je suis YHWH, ton Dieu, un Dieu demandant un culte exclusif. ; (Deutéronome 5)
Vues critiques
Les tenants de la critique biblique voient au contraire dans ces affirmations la démonstration de la nature hénothéiste du judaïsme, ou plutôt du yahwisme originel. Une tablette araméenne dit avoir son dieu , "comme Israël a YHWH".
Le monothéisme se serait développé en réaction aux Grecs.
Si tel est le cas, il est étonnant que des communautés apparentées au judaïsme mais distinctes, comme les Samaritains, aient formulé les mêmes croyances, bien qu'ils aient selon les Prophètes et les Autres Ecrits, connu une phase de syncrétisme, voire de polythéisme.
Importance du monothéisme
Le judaïsme exige de ses membres une adhérence infaillible à ces préceptes, l'inverse revenant à en dénier l'essence.
L'"inverse" inclut le syncrétisme, le culte de "divinités mineures" ("Dieu et ..."), d'esprits, ou d'incarnations, l'idée de Dieu comme dualité (shtei reshouyot) ou trinité. Ce concept est hérétique aux yeux des Juifs, et est considéré comme apparenté au polythéisme.
L'interdiction d'autres cultes s'étend à la possession d'objets devant lesquels on pourrait se prosterner, commes les crucifix, les icônes, ou toute représentation artistique de Dieu.
Le monothéisme est tellement engrené dans le Judaïsme que la Torah prescrit explicitement de le proclamer deux fois par jour, dans une formule qui fut aussi un cri de guerre ou les dernières paroles des mourants et des martyrs (c'est-à-dire ceux qui mouraient en refusant d'abjurer leur foi, devant les Romains, comme devant l'Inquisition ou les Almohades) (Source : Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, adaptation française sous la direction de Sylvie-Anne Goldberg, Bouquins, Cerf/Robert Laffont, 1996).
Le Tanakh (Bible hébraïque)
Le judaïsme se distingue des autres religions révélées par le fait qu'il place au centre de la révélation la Torah, la Loi.
On distinguera, vers 130 avant l'ère commune, entre les trois parties de la Bible: Torah (Pentateuque), Prophètes (Neviim), Écrits (Ketouvim), parfois dénommés Hagiographes. À partir du Ier siècle, le terme « Torah » finira par désigner l'ensemble du code sacré.
Pour le judaïsme rabbanite, descendant du judaïsme pharisien, cette Torah comporte la Loi Ecrite et la Loi Orale. Cette Loi Orale est considérée comme les enseignements oraux de Moïse autour de chaque verset de la Torah. Celle-ci, bien que parfaite, nécessite d'être commentée et interprétée (lehidaresh) pour être appliquée.
Pour le judaïsme karaïte (encore que tous les Karaïtes ne se revendiquent pas comme Juifs), comme pour les Sadducéens avant eux, il n'y a pas de loi orale, seule compte la loi écrite, c'est-à-dire la Bible telle qu'elle a été transmise depuis la création du monde jusqu'à la mort de Moïse, ou Miqra (Lecture, à rapprocher de Coran).
Culte, pratique et prescriptions
De la Torah ont été tirés un nombre de lois (mitzvot), estimées dans le judaïsme traditionnel au nombre de 613 mitzvot, qu'il incombe aux enfants d'Israël de suivre.
Il s'agit du meilleur culte qu'on puisse rendre à Dieu, bien que, comme les peuples contemporains, un service s'organisait autour d'un temple, dans l'enceinte duquel une caste sacerdotale sacrifiait à Dieu, et qu'une partie des mitzvot ne peut se faire sans cette condition.
Par les mitzvot, le judaïsme cherche à élever la vie quotidienne au niveau de sainteté du culte des anciens Temples, en vénérant Dieu à travers les activités et actions quotidiennes, comme l'alimentation, les rapports conjugaux et à autrui.
La pratique des mitzvot rapproche l'individu du Gan Eden (littéralement, "jardin des délices") et l'humanité du monde à venir, bien que le judaïsme n'ait pas qu'un concept du monde à venir, et que celui-ci n'ait pas grande importance dans le judaïsme. Le paradis ne se trouve d'ailleurs pas dans le ciel, ni aux confins de l'impossible : si le méchant, qui vit volontairement dans la trangression, s'esseule à mesure qu'il se pervertit car il est peu recommandable, sinon auprès d'individus licencieux et vicieux qui, du reste, recherchent sa compagnie pour leur plaisir propre et non le sien, le juste, celui qui respecte les prescriptions, en théorie comme en pratique, vit entouré des justes, et jouit d'une compagnie agréable sa vie durant. "Pour aimer Dieu, aime les hommes".
Le rôle du rite est donc de permettre au fidèle de vivre dans la Présence et la Crainte de Dieu, en sanctifiant ses actions, c'est-à-dire en les distinguant de celles du commun des mortels, afin de lui rappeler qu'il obéit à Dieu, et qu'en vivant dans Sa Présence, il Lui ressemble, car il est saint comme Dieu Est Saint". De ce fait, il amène "le royaume de Dieu sur terre". Le paradis, c'est donc un lieu d'entente parfaite, que rien ne vient troubler.
Croyances
Voir l'article principes de foi du Judaïsme.
Bien que le judaïsme ait affirmé, depuis le Moyen Âge voire plus tôt, un nombre d'articles de foi, aucun credo, dogme, liste ou "catéchisme" n'a été reconnu comme base de l'approche religieuse, afin de ne pas figer le judaïsme dans des principes "a minima" sclérosants.
Il n'y a pas de consensus, certains rabbins, communautés, congrégations, ou courants appuyant sur un principe rejeté par d'autres. De plus, il n'existe pas d'autorité centralisée dans le judaïsme, comme le Pape chez les Catholiques.
Dans sa tentative de définir « qui est Juif », l'historien Flavius Josèphe, qui se définit comme Juif pharisien, met l'accent sur les pratiques et les traditions plutôt que les concepts religieux. L'apostasie consiste pour lui à ne pas observer les rites plutôt que d'émettre un doute sur les croyances. La conversion au judaïsme nécessite bien plus la circoncision que la déclamation d'un crédo.
Cependant, la vérité divine ne faisait aucun doute à son époque, et seuls les Juifs affirmaient le monothéisme.
La situation ayant changé depuis, les Juifs orthodoxes, qui estiment descendre en ligne droite des Juifs pharisiens (sur le plan spirituel s'entend), posent en absolu certains principes, comme l'origine divine de la Torah ou la création ex nihilo. Leur rejet, en public comme en privé, peut suffir à déclarer celui qui les a rejetés "apikoros" (hérétique).
Au cours des siècles, plusieurs formulations se sont fait jour. Bien que fort proches entre elles pour la plupart, leurs différences démontrent un grand éventail de tolérance quant au degré d'observances et de croyances, tant que celles-ci n'en viennent pas à rejeter ces principes.
La plus connue de celles-ci est l'énoncé des 13 articles de foi de Maïmonide:
- Dieu Est.
- Dieu est Un; il n'y a d'autre unité que la Sienne.
- Dieu est incorporel.
- Dieu est Eternel (et antérieur au monde).
- Seul Dieu doit être honoré.
- La Révélation a eu lieu au travers des prophètes de Dieu.
- La prééminence de Moïse au sein des prophètes.
- La Loi de Dieu a été donnée sur le mont Sinaï.
- La Loi de Dieu est immuable.
- Dieu a la prescience de toutes les actions humaines (ce qui ne contredit pas qu'Il ait donné à l'homme le libre arbitre).
- Récompense des bonnes actions et châtiment des mauvaises.
- La venue du Messie.
- La résurrection des morts.
Symboles
Depuis le treizième siècle à peu près, le symbole du judaïsme est l'étoile de David (Maguen David) qui, selon la tradition, était l'emblème du roi David. Le plus ancien symbole du judaïsme est la Ménorah, chandelier à sept branches, qui se trouvait dans le Temple de Jérusalem.
Au fronton des synagogues sont également figurées les Tables de la Loi.
Naissance du Judaïsme
- Selon le Tanakh :
- le judaïsme remonte à Abraham, le premier monothéiste parti de Ur-Kassdim pour le Pays de Canaan, avec qui Dieu établit une Alliance, lui promet que sa descendance sera nombreuse comme les étoiles dans le ciel, et qu'elle sera une bénédiction pour tous les peuples. L'alliance d'Abraham est marquée par la circoncision au huitième jour (ou lors de l'inhumation, pour un enfant mort-né).
- la famille d'Israël, petit-fils d'Abraham, descend en Égypte lors d'une famine, croît et se multiplie prodigieusement.
Se lève un pharaon qui, utilisant pour la première fois le terme de peuple à leur propos, les réduit en esclavage. Sous la conduite de Moïse, les "Enfants d'Israël" sortent d'Égypte pour recevoir la Loi au pied du mont Sinaï. La Torah n'a donc pas été donnée progressivement, mais soudainement, à des gens qui baignaient jusque-là dans la culture idolâtre égyptienne, et qui ne devinrent un peuple qu'en l'acceptant. - se rebellant contre Dieu et Son envoyé, le peuple d'Israël est condamné à errer quarante ans dans le désert, le temps que meure la génération qui a connu l'Egypte, Moïse inclus.
- à la fin de ce délai, les Israélites pénètrent sur la Terre d'Israël, alors aux mains des Canaanites. À leur tête, un général légendaire, Josué, choisi par Moïse pour lui succéder. Josué, après avoir conquis la terre, la répartit entre les douze tribus d'Israël.
- Après la période dite des Juges, chefs militaires désignés par des prophètes pour lutter contre les menaces extérieures, principalement celles des Philistins, les Enfants d'Israël élisent pour roi Saül. Celui-ci, impopulaire, meurt sur le champ de bataille et est remplacé par David dont le fils, Salomon, offre au peuple un véritable âge d'or. Malheureusement, à sa mort, le peuple d'Israël se scinde : au Nord, le royaume d'Israël, séduit par les coutumes étrangères et leurs dieux; au Sud, le royaume de Juda, demeuré fidèle à la loi de Moïse, malgré quelques accrocs.
- Sennachérib d'Assyrie déporte les habitants du royaume d'Israël. Le royaume de Juda succombe aux mains de Nabuchodonosor vers 587 avant l'ère vulgaire. 70 ans après le début de l'Exil de Babylone, les Judéens retournent sur leur terre lors du règne de Cyrus II (Koresh), sous la conduite d'Ezra, Néhémie et Zorobabel, auxquels succèdent la Grande Assemblée. Commence alors la période du Second Temple jusqu'à sa destruction en l'an 70, puis l'écrasement, 60 ans plus tard, de la révolte de Bar Kokhba. Les schismes avec le Christianisme puis l' Islam forment le judaïsme rabbinique dans les siècles qui suivent.
- Selon les critiques :
- Les historiens critiques du judaïsme, et les tenants de l'histoire deutéronomiste en particulier, pensent que la religion "révélée" fut le yahwisme, qui ne professait pas le monothéisme, mais la monolâtrie, c'est-à-dire le culte d'un seul dieu, sans remettre en cause l'existence d'autres divinités.
- Elle fut pratiquée par deux royaumes d'ancestralité commune, mais qui avaient toujours été distincts, le royaume de Samarie au Nord et le royaume de Juda au Sud, arrière-pays rupestre et désertique du premier, bien plus attrayant commercialement et ouvert sur les civilisations avoisinantes.
- Après la prise du royaume du Nord par l'Assyrie, le royaume de Juda aurait accueilli ses réfugiés et se serait considérablement enrichi, excitant la convoitise de Babylone, deux siècles plus tard.
- Le royaume d'Israël étant cosmopolite, lorsque ses élites furent déportées, il se dissolut, alors que le royaume de Juda, fortement endoctriné par le Deutéronome, maintint sa foi et son unité. Lorsque Cyrus le Perse conquit Babylone, les aspirations nationalistes de dignitaires judéens proches du pouvoir persan furent revivifiées. Le "judaïsme" aurait pris corps à partir de l'exil babylonien, le yahwisme judéen empruntant au terreau babylonien son calendrier, ses saisons, son rythme hebdomadaire, etc. et ne pouvant plus s'accorder avec le yahwisme samaritain.
- Les Judéens, revenus de Babylone, auraient établi une ségrégation stricte avec les Samaritains, enjoignant à ceux qui n'ont pas été déportés de répudier les Cananéennes qu'ils ont prises pour épouses, avec les enfants qu'elles leur ont donnés. Cf le Livre d'Ezra
Les représentants du judaïsme de nos jours
Les courants orthodoxes sont bien représentés en Europe mais on y connaît aussi un mouvement libéral. Les Massortis et les reconstructionnistes sont surtout présents aux États-Unis d'Amérique. Les Massortis ont également une forte présence en Israël.
Les courants ultra-orthodoxes, comme les Haredim ou les Hassidim, sont minoritaires par le nombre d'adhérents.
Néanmoins, ce sont eux qui frappent le plus l'imagination populaire, avec les "hommes en noir qui portent du vison, et des tire-bouchons sur les rouflaquettes". Toutefois, s'ils évoquent chez tout le monde Rabbi Jacob, ces mouvements présentent une vraie richesse, tant de culture, que de pensée.
Enfin, aux États-Unis d'Amérique et en Israël (à Ramla) se sont réfugiés les karaïtes, chassés d'Égypte vers les années 1952-1956, dont quelques petits groupes demeurent en Lituanie.
Le destin du Judaïsme fait souvent écho à celui des Juifs. Il est donc traité dans cet article
Note : la place d'Israël dans le judaïsme
La terre d'Israël est appellée dans la tradition juive "Terre Sainte" (Erets Ha-Qodesh). Des commandements spéciaux s'y rapportent tels que celui d'y habiter ou d'y respecter l'année sabbatique (jachère de la terre tous les sept ans et jubilé tous les cinquante ans). Le souhait du retour à une souveraineté juive sur Eretz Israel est une constante de la pensée juive, mais quelques-uns enseignent que cela serait assimilé à une tentative de rapprocher la venue du Messie qui ne peut venir que de Dieu.
Une ferveur particulière entoure Jérusalem, capitale fondée par le roi David, où se situait le Temple de Salomon, sur le Mont du Temple et où siégeait le Sanhédrin.
Parmi les autres villes saintes (on ne peut enterrer de morts dans leur enceinte):
- Hébron (Hevron) : y est situé le tombeau des Patriarches (Genèse, 23, 19)
- Tibériade (Tvéria) : de nombreux rabbins y sont enterrés.
- Tsfat : ville d'où est sortie la Kabbale.
La Loi juive et ses interprétations
- Voir l'article Halakha
Tant la Loi (halakha) que la tradition (massoret) juives se basent sur la Torah (les "Cinq Livres de Moïse").
Toutefois, certains l'interprètent de façon libre et strictement scripturaire, alors que d'autres suivent pour cela le canevas de la Loi Orale, c'est-à-dire l'ensemble des enseignements oraux accompagnant la Torah.
La loi Orale était un corpus lâche et dynamique, dont le but était d'éviter la sclérose de l'enseignement de la Torah, tout en assurant sa continuité.
Moïse n'ayant osé changé une lettre de ce que lui avait dicté Dieu, s'éloigner de l'enseignement des maîtres était donc impensable.
Il se trouva toujours quelqu'un pour remettre en cause l'autorité de ces enseignements : les Sadducéens à l'époque du Temple, les Karaïtes à Babylone. Cependant, pour les Pharisiens, dont descend le Judaïsme rabbinique, cette Loi était indissociable de la Torah écrite elle-même: certains termes, comme totafot, n'y étant pas définis, comment le destinataire aurait-il pu posséder ces notions, à moins de connaître d'autres sources, orales par essence ?
Vers le second siècle EC, le corpus oral devenant trop abondant et la situation politique en Judée trop instable, il fut considéré licite de consigner les traditions orales par écrit. C'est au chef de la communauté juive en Terre d'Israël, Juda Hanassi, qu'il revint de compiler sous forme écrite l'ensemble des enseignements oraux. Cette oeuvre, la Mishna, fut ensuite discutée dans diverses académies galiléennes et babyloniennes. Les discussion furent rassemblées et codifiées sous le nom de Talmud
Selon le Talmud, la Torah comporte 613 mitzvot (prescriptions), certaines ne s'adressant qu'aux hommes ou aux femmes, d'autres ne s'appliquant qu'aux classes sacerdotales (les Kohanim et les Levyim (Lévites)), ou à ceux qui travaillent la terre dans l'enceinte de la terre d'Israël.
Beaucoup de lois n'étaient applicables qu'à l'époque des Temples de Jérusalem et des 613 commandements, moins de 300 commandements sont réalisables de nos jours.
Le Talmud comportant beaucoup de matériel non législatif, on entreprit alors de codifier les décisions légales, dans des oeuvres telles que les Hilkhot HaRi'f, le Mishné Torah, l'Arbaa Tourim et enfin le Shoulhan Aroukh qui fait autorité.
La Halakha (rabbanite) est, en résumé, basée sur une lecture combinée de la Loi écrite, la Torah, de la Loi orale, la Mishna, le Talmud, et des traités moins impotants comme le Midrash Halakha. Le travail d'exégèse se poursuit jusqu'à nos jours
La Halakha s'est construite lentement, en se basant sur des précédents. Elle a été retranscrite, soit sous forme épistolaire entre décisionnaires et fidèles, les Sheelot ouTeshouvot , soit sous forme de codes, basés sur les responsa. L'autorité en matière de code, le Shoulhan Aroukh, possède lui-même sa littérature de commentaires.
Norme en matière de Prières et pratiques juives
Prières
Voir l'article Offices de prière (Judaïsme).
Il y a trois services dans une journée, correspondant aux trois moments du service dans le Temple : Sha'harit ("Prière du matin"), Min'ha (prière de l'après-midi, littéralement "offrande de farine") et Ma'ariv ou Arvit ("prière du soir", celui-ci étant défini comme le moment où les formes et couleurs commencent à se confondre dans l'obscurité).
A Shabbat et lors des jours saints se tient un service spécial, le Moussaf ("Ajouté").
Tous les services comprennent la Tefila (littéralement, "prière" ou "recueillement") ou Amidah, couramment appelée Shemonah Esrei ("les dix-huit" [prières]), bien qu'elle en compte 19 en semaines, et 7 à Shabbat et aux jours fériés.
Une autre prière capitale est le Shema Israël, proclamation biquotidienne du monothéisme.
Affirmation de l'Unité divine, le Shema est la prière première et fondamentale du judaïsme, tant rabbanite que karaïte.
La plupart des prières peuvent être prononcées individuellement. Néanmoins, un véritable service ne peut se tenir qu'en présence d'un quorum de dix personnes minimum, qu'on appelle minyan (Prononcer "miniane"; littéralement, "nombre"). Par ailleurs, certaines prières, comme le Kaddish, ne se font qu'en présence d'un minyan.
Certaines prières et bénédictions sont également récitées au long de la journée, comme la bénédiction avant de consommer un mets, après s'être lavé les mains, etc.
Certains objets de culte sont associés à la prière, comme le talit, châle de prière, et, chez les Juifs rabbanites tout au moins, les tefilin, phylactères contenant 4 rouleaux des textes parmi les plus essentiels du monothéisme dans la Torah, et la kippa (couvre-chef). Celle-ci est le fait d'une coutume remontant à l'èer de la Mishna, et non une prescription divine, afin de rappeler la splendeur de Dieu sous laquelle nous vivons. Pour cette raison, la kippa est portée par de nombreux Juifs religieux, surtout Ashkénazes, en dehors de la prière, et est devenue de ce fait un "signe distinctif" d'appartenance au judaïsme.
La prière est traditionnellement récitée en Hébreu, avec des passages en Araméen. Les Juifs réformés les disent néanmoins dans la langue vernaculaire, bien qu'une tendance à retourner à l'Hébreu se manifeste également chez eux.
Célébrations dans le Judaïsme
Voir l'article Célébrations dans le judaïsme
Les jours saints du judaïsme célèbrent des thèmes centraux de la relation entre Dieu et le monde, comme la création, la révélation, et la rédemption.
Shabbat
- Voir l'article Shabbat
Shabbat, le jour hebdomadaire de repos (littéralement, "cessation") commence un peu avant le coucher du soleil le vendredi soir (en réalité, au coucher de soleil même, mais on préfère éviter le risque de transgression involontaire) jusqu'à celui du samedi soir, qu'on atteste lorsque l'on peut embrasser trois étoiles d'un seul regard.
Le Shabbat commémore aussi bien le jour de "repos" de Dieu lors des sept jours de la Création, que la sortie d'Egypte.
L'observance du Shabbat, journée de repos hebdomadaire réservée à l'étude et à la prière est la première forme d'observance liturgique donnée dans la Bible. Il joue un rôle majeur, tant dans la vie que dans la pratique religieuse, et s'accompagne d'un important corpus de lois. Un traité entier lui est consacré dans le Talmud, et c'est afin de ne pas le transgresser que Jésus fut enterré un dimanche.
Lorsque Shabbat commence, la maîtresse du foyer allume deux chandeliers et fait une bénédiction sur les bougies. Le repas du soir commence avec la sanctification (Kiddoush en Hébreu) du Shabbat faite sur une coupe de vin, et la bénédiction de deux hallot (pains tressés).
Le Shabbat se termine par la cérémonie de la Havdala.
Durant le Shabbat, il est interdit aux Juifs de s'engager dans toute activité tombant dans les 39 catégories de travail (déterminées par le Talmud). Parmi celles-ci, on compte l'écriture, le port d'objets en domaine public, l'allumage de feu, la coupure, l'essorage, etc. La conduite d'un véhicule est traditionnellement également interdite, et beaucoup de Juifs désireux de se rendre à l'office à la synagogue le font à pied.
La lecture de la Parasha (section hebdomadaire de la Torah) se fait à Shabbat, c'est pourquoi on célèbre la Bar Mitzva en ce jour.
Traditionnellement, les mariages ne sont pas célébrés à Shabbat, bien qu'on honore le futur marié en l'invitant à lire un chapitre de la Parasha.
Fêtes et célébrations
"חגים ומועדים" (Haggim ouMo'adim) signifie littéralement "Festivals et moments (consacrés)". Ce terme général inclut des fêtes joyeuses comme des commémorations pénibles. Dans le judaïsme, d'ailleurs, aucune fête n'est totalement dénuée de réflexion et d'introspection, aucun deuil n'est dénué d'espérance.
Si à Rosh Hashana, le Nouvel An juif, on se souhaite "bonne année", c'est parce qu'on espère que Dieu nous consigne dans le "Livre de bonne vie" (voire de vie tout court...).
Et si Tisha BeAv commémore la destruction des deux Temples, et est selon certains le jour le plus triste de l'année, il ne se départit pas d'une espérance en la venue du Messie.
- 'Haggim signifie festivals. Bien qu'un abus de langage courant consiste à souhaiter "'Hag samea'h" (Joyeuse fête!) lors de toute célébration, ce terme est en réalité consacré aux Shalosh Regalim (Trois Fêtes, littéralement "Trois Pieds"), sur lesquelles se base le culte du Dieu qui S'est révélé à Son peuple et l'a sorti d'Egypte.
Aux temps bibliques et talmudiques, ces trois fêtes coïncidaient avec d'importants moments de l'année agricole, et à l'époque des Temples, étaient l'occasion d'un pélerinage des enfants d'Israël à Jérusalem, afin d'offrir des sacrifices à Dieu dans Son Temple.- Pessa'h, la "Pâque juive", dure 8 jours (7 en Israël), à partir du 14 Nissan, le premier mois de l'année dans le calendrier hébraïque. Seuls les deux premiers et derniers jours sont totalement fériés. Les autres ont le statut de Hol HaMoed, "demi-fête", où le nombre d'observances est moins grand.
Elle commémore l'Exode d'Égypte, et coïncide avec la moisson de l'orge.
C'est la seule fête à se focaliser sur un office au foyer, le Seder. Les produits au levain sont retirés de la maison avant le 14 Nissan, et sont interdits de consommation pendant les 8 jours. Ils sont remplacés par la Matza, pain azyme.
Les plats traditionnels incluent entre autres un œuf, un os d'agneau (réminescence du sacrifice de l'agneau pascal, abandonné par les Juifs, mais non par les Samaritains), des herbes amères et du persil. - Shavouot, "(Fête des) Semaines" ou Pentecôte car elle tombe 7 semaines, soit 50 jours et 49 nuits après Pessa'h, dure un jour et célèbre le don par Moïse des Dix Commandements au peuple d'Israël rassemblé aux pieds du mont Sinaï. La période entre Pessa'h et Shavouot est appelée 'Omer et est elle-même soumise à des rites particuliers.
Shavouot marque le passage de la récolte de l'orge à la récolte du froment. - Souccot, la "(Fête des) Cabanes" dure 8 jours (7 en Israël, dont seuls les deux premiers et derniers jours sont dériés, cf. Pessa'h). Elle commémore les errances des enfants d'Israël dans le désert pendant quarante ans. Chaque famille doit construire pour l'occasion une cabane temporaire (Soucca), qui représente les tentes des enfants d'Israël durant leurs pérégrinations. La Soucca est décorée avec des fruits des arbres et de la terre. Le toit est fait de branches de pin, de sorte qu'on puisse voir les étoiles au travers du plafond. Les hommes ont pour prescription d'y demeurer le temps de Souccot, d'y manger et d'y dormir.
Souccot coïncide avec la récolte des fruits, et marque la fin du cycle agricole.
La fête se conclut par Chemini Atseret, la mise en jachère de la terre, et Sim'hat Torah, la "(fête de) la Joie de la Torah", où l'on lit la dernière section du Deutéronome et la première section de la Genèse, et où l'on chante et danse entre les deux. Un festin est généralement organisé, en fonction des moyens de la communauté.
- Pessa'h, la "Pâque juive", dure 8 jours (7 en Israël), à partir du 14 Nissan, le premier mois de l'année dans le calendrier hébraïque. Seuls les deux premiers et derniers jours sont totalement fériés. Les autres ont le statut de Hol HaMoed, "demi-fête", où le nombre d'observances est moins grand.
- Les "Yamim Noraïm" ("Jours de Crainte" ou "Jours Redoutables") désignent la période de 10 jours entre Rosh Hashana, Nouvel An juif tombant le 1er Tishri, et Yom Kippour, qui tombe le 10 Tishri. Ils célèbrent le jugement et le pardon divins:
- Rosh Hashana, "Début (littéralement, Tête) de l'An", tombe le premier jour de Tishri, qui est le septième mois du calendrier hébreu, Nissan étant le premier. C'est toutefois à Rosh Hashana que le monde fut créé, selon la tradition, ou tout au moins, le premier jour du calendrier humain.
Rosh Hashana est aussi pour les Juifs Yom HaDin (Jour du Jugement), Yom Terou'ah (Jour où l'on sonne le Shofar) et Yom HaZikaron (Jour du Souvenir), où l'on se souvient des défunts. Il marque donc l'entrée dans la période de repentance, qui finit dix jours plus tard à Yom Kippour. Au cours de cette période, il faut, outre la pénitence, demander le pardon de tout ceux que l'on a offensé, et le donner à ceux qui nous ont causé du tort. Dieu ne pardonne les péchés envers le prochain que si lui-même a pardonné. Néanmoins, refuser de donner le pardon après trois demandes sincères est une faute énorme, et l'offensé pourrait être jugé bien plus sévèrement que l'offenseur. - Yom Kippour, Jour du Pardon, est selon certains le jour le plus important et saint du calendrier. Jour d'expiation et de jeûne, il dure vingt-cinq heures, et est appelé Shabbat Shabbaton, Shabbat des Shabbat, car l'abstention de toute tâche est encore plus de rigueur en ce jour de rédemption des péchés, fautes et transgressions, commises volontairement ou involontairement, au su ou à l'insu, de l'individu et de la communauté au cours de l'année écoulée.
L'expiation doit être sincère, avec une ferme volonté de ne pas récidiver, et parmi les péchés recensés ce jour, on compte aussi ceux d'une confession peu sincère, fustigée depuis l'ère des prophètes.
Jour solennel d'affliction , Yom Kippour n'en est pas moins celui du Pardon, de la régénérescence de l'individu, si son examen a été réellement et sincèrement conduit, et donc le jour le plus joyeux de l'année, avec Tou BeAv, ainsi que le dit le Talmud.
- Rosh Hashana, "Début (littéralement, Tête) de l'An", tombe le premier jour de Tishri, qui est le septième mois du calendrier hébreu, Nissan étant le premier. C'est toutefois à Rosh Hashana que le monde fut créé, selon la tradition, ou tout au moins, le premier jour du calendrier humain.
- On compte parmi les célébrations d'institution post-biblique
- le jeûne de Guedaliah, d'instauration prophétique.
- la fête de Pourim, relatant les évènements décrits dans le livre d'Esther, ainsi que le jeûne d'Esther (prescrit par Esther elle-même), et la fête de Hanoukka (8 jours), célébrant célèbre la re-consécration du Temple de Jérusalem après la Guerre des Maccabées contre la dynastie séleucide. On y allume les lumières de la Hanoucciah, le chandelier à huit branches.
Tant Hanoukka que Pourim sont d'instauration rabbinique. - des jeûnes décrétés par les Sages en signe de deuil national : le jeûne du 10 Tevet, celui du 17 Tammouz et celui du 9 Av. Tous sont en rapport avec la destruction des Temples.
- des célébrations oubliées, quoiqu'attestées dans le Talmud, et remises à l'honneur depuis l'expulsion des Juifs d'Espagne, ou plus récemment : Tou Bishvat, fête des arbres et Tou BeAv, fête de l'amour et des amoureux.
- Par ailleurs, les coutumes attachées au 'Omer outre son décompte (deuil les 32 premiers jours, jusqu'à Lag BaOmer) datent de l'ère des Tannaïm.
Fêtes et célébrations dans le calendrier hébraïque
Remarque : le calendrier juif est luni-solaire : douze lunes de 29 ou 30 jours, mais afin de rester en phase avec les saisons, il introduit certaines années, dites "embolismiques", une treizieme lune.
- Mois de Tichri :
- Rosh Hashana
- Jeûne de Guedaliah
- Yom Kippour
- Soukkot
- Sim‘hat Torah
- Mois de 'Heshvan :
- RIEN, d'où son nom de Mar'Heshvan (Amer 'Heshvan)
- Mois de Kislev :
- Hanoucca
- Mois de Tevet :
- Jeûne du 10 Tevet
- Mois de Chevat :
- Tou Bichvat
- Mois d'Adar :
- Taanit Esther et Pourim
- Mois de Nissan :
- Pessa'h
- Un Jeûne des premiers-nés précède Pessah'.
- Mois d'Iyar:
- Le décompte du Omer
- Mois de Sivan :
- Shavouot
- Mois de Tammouz :
- Jeûne du 17 Tammouz
- Les trois semaines
- Mois d'Av :
- Les neuf jours
- Tisha BeAv
- Tou BeAv
- Mois d'Eloul :
- Début des Seli'hot
Tous les nouveaux mois juifs (Rosh 'Hodesh) ont également un statut particulier.
Ainsi qu'il a été dit, certaines fêtes durent 2 jours dans la Diaspora contre un seul en Israël.
Liens externes
Lecture de la Torah
Voir l'article Lecture de la Torah
Au centre des festivals et de l'office du Shabbat se trouve la lecture publique de la Torah, accompagnée de textes connexes tirés des Neviim ou des Ketouvim, appelés Haftarah.
Suivant le rite babylonien (c'est-à-dire le rythme préconisé par le Talmud de Babylone), toute la Torah est lue en un an, le cycle recommençant en automne à Sim'hat Torah ("La réjouissance dans la Torah").
Le cycle selon le Talmud de Jérusalem se résolvait en trois ans, mais il n'est plus guère suivi que par les Juifs Romaniotes depuis Maïmonide.
Synagogues et bâtiments juifs
Voir l'article principal Synagogue
Le terme Synagogue (Grec, "sunagôgon", lieu de rassemblement, traduction du terme hébraïque beit knesset) désigne des lieux de culte et d'étude juifs. Ce dernier rôle a si bien caractérisé les synagogues du monde ashkénaze qu'on les appelle en Yiddish shul (prononcer "shoule", cf Allemand "Schule", école).
Les synagogues comportent habituellement des pièces séparées pour la prière (le sanctuaire principal), de plus petites pièces pour l'étude, et souvent une pièce destinée au rassemblement communautaire (d'où leur nom) ou aux tâches éducatives.
Il n'y a pas de plan préétabli, et l'architecture, dans d'extérieur que d'intérieur, varie grandement. Toutefois, on retrouve généralement les éléments suivants :
- une arche, l' Aron haKodesh pour les Ashkénazes, l'eikhal pour les Sépharades, où l'on garde les rouleaux de la Torah; l'arche est souvent fermée par un rideau orné (parokhet) à l'intérieur ou à l'extérieur des portes de l'Arche;
- une plate-forme de lecture surélevée , la bimah pour les Ashkénazes, la tébah pour les Sépharades, où la Torah est lue.
Dans les synagogues sépharades, c'est également de là qu'on dirige l'office. Tout le monde se trouve donc à égale distance de l'officiant. Les synagogues ashkénazes ressemblent davantage à un oratoire, et l'officiant se place derrière un pupitre, "amoud" (Hébreu, pilier) faisant face à l'Arche, au-devant des fidèles. Ceci crée une "hiérarchisation" des rangs, les premiers, les plus proches de l'officiant, revenant aux plus riches; - une Chandelle Éternelle (ner tamid), une lampe, lanterne ou chandelier, maintenue allumée en permanence, en souvenir de la Menorah qui brûlait continuellement dans le Temple à Jerusalem.
D'autres bâtiments d'importance sont les yeshivot, Institutions d'études des textes du judaïsme , ou les mikvé, où se trouvent les bains rituels.
Les lois alimentaires : la casheroute
Voir l'article Cacher
Kasher (ou cacher, ou cachère, etc.) signifie propre à la consommation. Cependant, ce terme très général s'entend généralement dans le sens de lois alimentaires juives. Un mets non kasher est taref (fém. treifa), qui signifie littéralement "déchiré", consommé à partir d'un membre déchiré à l'animal (mort ou encore vivant), manger comme une bête, et non comme un homme, qui doit être saint comme Dieu Est Saint. La casheroute peut donc se définir comme la sanctification de l'alimentation.
Les lois de la cacheroute sont enseignées dans le Lévitique. On apprend de ce contexte qu'elles concernent tant la pureté rituelle et la sainteté que la santé. Parmi les lois de la casheroute figure l'interdiction de consommer le sang, les animaux qui se nourrissent d'autres animaux, ce qui exclut les animaux de proie comme les lions, le requin, l'aigle ou le brochet (parmi d'autres), ceux qui parcourent les fonds des mers à la recherche des déchets laissés par les autres, comme les fruits de mer, etc.
De même, c'est la restriction la plus célèbre, le lait et la viande ne peuvent être consommés au cours d'un même repas, car tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère (à propos du plat de venaison accompagné de crème qu'Abraham offre aux trois anges, le Midrash enseigne que les laitages furent servis avant la viande, ce qui est permis, et que, de toutes façons, les lois alimentaires n'avaient pas encore été édictées).
Bien que beaucoup n'y voient qu'une règle d'hygiène diététique ritualisée, le but avoué de la casheroute est de faire prendre conscience que les seuls aliments autorisés sont ceux qui proviennent de sources dont les aspects "spirituellement négatifs" comme la douleur, la maladie ou la malpropreté sont absents, et dont la préparation ne s'est pas assortie de pratiques comme la chasse, la torture,...
Pureté familiale
Voir l'article Nidda
Les lois de la nidda ("éloignement") se rapportent à l'éloignement obligatoire de la femme durant sa période "menstruelle", et sont appelées "lois de la pureté familiale" par euphémisme, les rapports avant mariage étant prohibés, et le mariage survenant vers l'époque de la puberté.
Diverses autres lois régissant les rapports entre hommes et femmes s'y rattachent, comme la tsniout (la "pudeur", c'est-à-dire la modestie dans l'habillement), et sont perçues comme des facteurs vitaux de la vie juive, en particulier chez les Juifs orthodoxes, mais ils sont rarement suivis chez les autres.
Les lois de la nidda proprement dites édictent que les rapports sexuels ne peuvent avoir lieu tant que dure le flux menstruel. La femme doit ensuite vérifier ses pertes jusqu'à totaliser sept jours "propres", après quoi elle se rend au mikvé pour se purifier. En suivant ce rite, la femme n'est permise à son mari que pendant sa période fertile, ce qui explique également le haut taux de natalité chez les Juifs Orthodoxes.
Événements au cours de la vie d'une personne juive
Il s'agit d'évènements survenant au cours de la vie d'une personne, et qui la lient à la communauté.
- la Brith milah, circoncision, c'est-à-dire ablation du prépuce des garçons au huitième jour de leur naissance , en référence à l'Alliance d'Abraham (Genèse 17, 11). Ce rite célèbre l'entrée des mâles dans l'Alliance, et peut se faire au cours d'une cérémonie, mais aussi dans un hôpital sous anesthésie, tant qu'un spécialiste, le mohel est présent, et récite une bénédiction lors de la coupure de la chair. Il n'y a pas de rite d'excision pour les petites filles.
- Zeved habat-Accueil des petites filles dans l'Alliance au cours d'une cérémonie de nomination. Cette coutume, très en vogue chez les Sépharades, est de plus en plus pratiquée par les Ashkénazes.
- Upsherin - Coupe des cheveux chez les garçons, réalisée à 3 ans, accompagnant le don du Talit Katan et de la première kippa, symbolisant donc le passage de yonek (nourrisson, unn peu l'équivalent du toddler anglo-saxon) à yeled
- Bar et Bat mitzva - Passage à la majorité religieuse, de na'ar (na'ara) à mevougar (mevouguerette) à l'âge de 13 ans pour les garçons, 12 ans chez les filles, correspondant grosso modo au début de la puberté. La Bat Mitzva fut introduite par Mordekhaï Kaplan, et ne s'accompagne pas de rite particulier. En revanche, le Bar Mitzva est honoré en conduisant l'office et en lisant la section hebdomadaire de la Torah. La préparation peut prendre entre quelques mois et deux ans.
- Mariage - le mariage est un moment excessivement important dans la vie. Les deux cérémonies qui le composent, les kiddoushin (consécrations) et les nissouïn (noces), étaient originellement célébrées à un an d'intervalle au cours duquel la jeune femme (kala), interdite à son époux tant que les nissouïn n'avaient pas été prononcés, vivait chez ses parents pour se préparer à la vie de couple. Actuellement, elles sont célébrées au cours de la même journée, sous un dais nuptial, la houppa, qui symbolise une maison heureuse. A la fin de la cérémonie, le marié ('hatan) brise un verre avec son pied. Il ne s'agiut pas d'une tradition, mais d'une coutume (minhag) visant à remémorer que la joie ne peut être complète tant que le Temple n'aura pas été reconstruit.
- Décès et deuil - le deuil tient une place excessivement importante dans le judaïsme, et suit un rite très hiérarchisé.
- Au moment même du décès, les parents au premier degré, conjoint inclus, reçoivent le statut d' onène. Les lois du deuil ne s'appliquent pas encore à eux, mais toutes leurs activités doivent tendre à inhumer le plus rapidement et le plus saintement le défunt (si la situation s'applique -cf. un disparu en mer)
- Lors de l'enterrement, les parents au premier degré, conjointy inclus, déchirent leur chemise (qéri'a). Les parents masculins au premier degré et le conjoint lisent le Kaddish des endeuillés.
- Pendant les sept jours suivant l'enterrement, la Shiv'ah, les endeuillés restent assis à même le sol. Ils ne se lavent plus (sauf raison de santé), ne coupent pas leurs ongles, ne portent pas de chaussures, et ne préparent pas à manger (c'est le rôle de la communauté d'assurer leur subsistance) : toutes leurs pensées convergent vers la personne décédée, qu'ils pleurent pendant trois jours, et dont ils rappellent les mérites pendant quatre. Chaque soir se tient un service qu'ils dirigent, et qui se conclut par le Kaddish des endeuillés.
- Le mois suivant l'enterrement est la période des shloshim ("trente"), où l'agrément comme la musique, le mariage (avec fête),... sont prohibés.
- La période d'un an, avelut youd bet 'hodesh ("deuil de douze mois"), est observé pendant onze mois supplémentaires par ceux qui ont perdu leur parent. Passée cette période, le deuil s'achève par une visite au cimetière, et la récitation du Kaddish des endeuillés sur la tombe de la personne défunte.
Dénominations juives (en Diaspora)
- Article principal : dénominations juives
Bien que les différents courants théologiques du judaïsme affirment se détacher par des positions théologiques, les différences se marquent surtout au niveau de la pratique de la Halakha. Les réactions vont de l'adhésion complète au rejet total.
L'utilistaion de dénomination est d'ailleurs controversé chez beaucoup de Juifs religieux. Peu leur importe l'"étiquette", "orthodoxe", "réformé", "Massorti", etc. seul leur importe le degré d'observance religieuse.
Pour les Juifs orthodoxes, une personne n'observant pas les lois du Shabbat, des célébrations, alimentaires, et de pureté familiale (cf.infra), sont considérés comme "non-religieux". Inversement, tout Juif observant ces lois est considéré religieux.
Voir Libéralisme théologique
Pour l'aspect historique de l'émergence des dénominations, voir "Histoire du Judaïsme" dans l'article Juif.
Le karaïsme
Suite à des désaccords probablement plus politiques qu'idéologiques, les Karaïtes se sont séparés du courant pharisien, renommé "rabbanite" pour la circonstance.
En désaccord complet avec la Loi Orale, ils ont recréé une Halakha strictement basée sur l'étude scripturaire du Tanakh.
Dans cette lecture littéraliste, le Shabbat est célébré sans lumière;les mélanges carnés et lactés sont autorisés;le judaïsme se transmet par le père; la Bar Mitzva et les célébrations d'ordonnance rabbinique, comme Pourim et Hanoukka, sont purement et simplement scotomisées.
Les controverses entre les Hakhamim karaïtes et Saadia Gaon ont achevé de consommer la rupture, celui-ci édictant que les Karaïtes ne devaient plus être considérés comme halakhiquement juifs.
Des siècles plus tard, certaines communautés karaïtes de Crimée en profiteraient pour prétendre à la non-judaïté des Karaïtes, ce qui épargna leurs descendants de la catastrophe nazie. Cependant, les Karaïtes d'Egyptes continuent à se considérer comme Juifs à part entière.
Le judaïsme rabbinique
Le judaïsme rabbinique s'est construit historiquement autour des rabbins, spécialistes de la loi orale. Mais il s'est diversifié au XIXe siècle, et on a vu apparaître une relative contradiction dans les termes: des rabbins qui ne suivent pas strictement la loi orale.
- Le judaïsme réformé
Dans la première moitié du XIXe siècle est apparu en Allemagne un nouveau courant de pensée, le judaïsme réformé. Celui-ci reste centré sur les rabbins, mais remet assez largement en cause la Torah orale.
Le judaïsme réformé nie l'origine divine de la Torah orale (le Talmud), en admettant toutefois qu'elle ait pu être inspirée (mais non codifiée, encore moins rédigée) par Dieu. La halakha a donc une importance relative pour ce courant, qui encourage même ses adhérents à se choisir ses propres standards en la matière, du moment qu'ils respectent certaines pratiques juives fondamentales basées sur la Bible.
Au-delà de la volonté d'adapter le judaïsme au monde moderne, il s'agit aussi d'une résurgence d'une vision au moins bi-millénaire, qui insiste plus sur la Bible que sur la Torah orale.
Initialement conçu pour "ramener les Juifs à la synagogue" en « modernisant » la religion, le judaïsme réformé a connu un grand succès aux Etats-Unis, mais demeure beaucoup plus modeste dans le reste du monde.
En France, il connaît un moindre succès que le judaïsme orthodoxe, une grande partie de la population juive étant séfarade et assez encline à conserver ses traditions.
- A noter que "Judaïsme libéral" et "réformé" ne sont pas forcément synonymes : il existe deux communuatés distinctes en Angleterre, et bien que la base théorique soit la même, les "réformés" sont beaucoup plus traditionnels que les "libéraux".
- le judaïsme reconstructionniste
Né comme une tendance philosophique naturaliste, il dénie tout caractère révélé à la Torah, mais ne met pas en doute l'existence de Dieu, un Dieu plus proche de Plotin que d'Abraham... En pratique, ils ressemblent aux juifs réformés, mais insistent sur le rôle de la communauté pour définir quelle tradition est à respecter, ce qui conduit à un plus grand respect des traditions.
- Citation typique de Mordekhaï Kaplan, le fondateur du judaïsme reconstructionniste : "la tradition a un droit de vote, pas de veto"
- Le judaïsme "conservateur" (mouvement Massorti) ou "massorti"
Progressiste malgré son nom, le mouvement Massorti se veut un courant médian, reconnaissant une grande autorité morale au Talmud, mais vivant selon des règles moins strictes, moins scrupuleusement respectueuses des attitudes et décisions antérieures, ce qui donne à ses rabbins une plus grande latitude en matière d'interprétation de la Halakha.
Comme les réformés, les conservateurs sont essentiellement puissants aux USA.
- Le judaïsme orthodoxe
Pour le judaïsme orthodoxe, la halakha n'est plus modifiable depuis la fin du Sanhédrin, et les règles aussi bien de la Torah écrite que de la Torah orale sont immuables, quand bien même la situation aurait changé depuis des siècles. Tout au plus permet-on aux grands de leur génération d'établir des taqanot, c'est-à-dire de trancher la Halakha sur une situation spécifique. Encore ne s'agit-il pas d'innover, mais d'établir à quelle décision antérieure s'assimile le mieux la situation actuelle. Ces sources antérieures sont le Mishneh Torah, l'Arbaa Tourim, le Shoulhan Aroukh et les Responsa.
Le judaïsme orthodoxe met donc particulièrement l'accent sur l'adhésion à la Loi, de la Torah à la Halakha, et au respect des traditions établies.
Les orthodoxes considèrent comme non valables les décisions prises par les autres courants, les conversions au judaïsme qu'ils réalisent, l'autorité de leurs rabbins, et remettent même en cause leur appartenance au judaïsme rabbinique (sans remettre en cause leur appartenance au judaïsme lui-même, s'ils sont de lignée matrilinéairement juive).
Les orthodoxes sont eux-mêmes divisés entre orthodoxes « modernes », plus souples dans leurs interprétations, et ultra-orthodoxes, beaucoup plus stricts.
Dénominations juives en Israël
Voir l'article Judaïsme en Israël
Bien que les précédentes dénominations soient connues des Israéliens, ceux-ci tendent à classer la judaïcité de l'individu en fonction de son observance religieuse.
- La plupart des Juifs Israéliens d'origine occidentale se classifient comme "hilonim" (profanes, séculiers). Leur judaïté peut être un facteur important dans leur vie, mais ils la distinguent soigneusement des croyances et pratiques religieuses traditionnelles. Cette portion de la population ignore largement toute vie religieuse organisée, que ce soit celle du rabbinat israélien, de mouvance orthodoxe affirmée, ou celle des mouvements progressistes de la Diaspora. Ils répondent au téléphone lors de l'office du Shabbat, auquel ils n'assistent qu'à la Bar Mitzva du petit cousin, parlent au rabbin comme au voisin, fêtent les grandes commémorations en allant pique-niquer, mais n'en restent pas moins profondément conscients de leurs "appartenances".
- La plupart des Juifs d'origine "orientale" (méditerranéenne, moyen-orientale ou d'Asie Centrale) se définissent comme massortim (traditionnels), ce qui n'a rien à voir avec le mouvement du même nom.
Les termes "profane" et "traditionnel" sont particulièrement ambigus en Israël, et se chevauchent souvent. On est souvent le "traditionnel" ou le "profane" de quelqu'un.
- Le terme "Orthodoxe" (Ortodoxi) est fort déprécié par la population isrélienne, laïque comme religieuse. Néanmoins, le spectre couvert par cette dénomination en Diaspora se retrouve en Israël, avec quelques variations. Ils représentent un pourcentage plus important dans la population israélienne que dans le monde, mais il y a une forte controverse quant à l'estimation de leur importance réelle. Aucune méthode de recensement, y compris le nompbre de membres religieux siégeant à la Knesset, n'a réellement fait ses preuves.
Le terme "Orthodoxe" est remplacé en Israël par dati (religieux, croyant, fidèle) ou haredi (tremblant -- devant Dieu). Le terme dati englobe la communauté qu'on appelle "sioniste religieuse", ou "religieuse nationale", ainsi que ceux des membres de la communauté haredite qu'on connaît depuis le début de la décennie précédente comme les haredim-leumim (Haredi national, ou nationaliste, abbrévié en "Hardal", qui, en Hébreu, signifie aussi "moutarde"), lesquels combinent un mode de vie largement haredi avec une idéologie nationaliste.
Les Haredim peuvent être grosso modo divisés en trois populations, d'ethnie et de lignée idéologique fort différentes:
- Les Haredim "Lithuaniens" (non-Hassidiques), d'origine Ashkénaze
- Les Hassidim, également Ahkénazes, bien que le mouvemeent remporte un succès croissant parmi la population sépharade.
- Les Haredim sépharades ou mizrahim (à ne pas confondre avec le parti politique du même nom). Ce groupe est le plus important, tant par sa taille que par son impact sur la vie politique, particulièrement depuis le début des années 90.
Question de Halakha : Quelles sont les conditions pour dire qu'une personne est Juive?
- Le sujet sera plus amplement développé dans Qui est Juif
Selon la Loi Juive, est considérée Juive la personne née de mère Juive ou convertie en accord avec la Loi Juive.
Les sources en sont :
- un passage du Deutéronome (7:3-4) sur les dangers des mariages mixtes : "ne t'allie avec aucun d'eux: ta fille ne la donne pas à son fils et sa fille n'en fais pas l'épouse du tien! car il détacherait ton (petit) fils de moi et ils adoreraient des divinités étrangères..."
Le Talmud (Kiddoushin 68b) s'interroge pourquoi on ne parle pas du "cas inverse", où la mère non-Juive détournerait son enfant de la religion de son père. Réponse : parce que l'enfant d'une non-Juive n'est pas Juif - un passage d'Ezra (10:3-5), où le scribe prescrit de répudier les femmes cananéennes "et les enfants nés d'elles". Pourquoi les enfants ?
Les mouvements libéraux, comme le judaïsme reconstructionniste, déclarent également Juifs les personnes nées de mère non-Juive si le père est Juif et si l'enfant a été élevé dans la pratique du Judaïsme. Toutefois, ces personnes ne sont pas considérées Juives par les mouvements orthodoxes ou conservateurs, pas plus que ne le sont des personnes converties par un beth din non orthodoxe.
Tous les courants théologiques du Judaïsme sont ouverts aux conversions sincères.
Un Juif cessant de pratiquer, de croire, fût-ce aux principes fondamentaux, reste Juif. Il en va de même pour un Juif converti à une autre religion.
Cependant, dans ce dernier cas, la personne perd le statut de membre de la communauté juive, et ne peut compter dans un miniane (cf. infra). Dans le passé, la famille et les amis du converti faisaient son deuil, comme s'il était mort (Les Mitnagdim le faisaient également pour leur fille qui avait épousé un Hassid, vice versa et inversement), mais cela ne se fait plus de nos jours.
La question reçut un nouveau retentissement lorsque, dans les années 1950, David Ben Gourion, en vue de former un état "Juif Laïc", demanda plusieurs opinions, dans le monde religieux mais aussi dans la communauté intellectuelle internationale, quant à savoir qui peut, étant considéré Juif, bénéficier de la "loi du retour" (octroi automatique de la nationalité israélienne à qui en fait la demande, pour autant qu'il soit Juif).
La sentence, connue sous le nom de loi Mihou Yehoudi ("Qui est Juif") ne satisfait pas à l'opinion orthodoxe, puisqu'on peut remonter à un (seul) grand-parent Juif pour se considérer Juif et prétendre à la loi du retour, ce qui a conduit à des aberrations, entre autres, de citoyens israéliens néo-nazis. C'est pourquoi la question n'a pas été totalement résolue et refait surface dans les débats politiques israéliens de temps à autres.
La petite bibliothèque juive
Voir l'article littérature rabbinique
Les Juifs ont souvent été appelés le "Peuple du Livre", sur lequel ils ont beaucoup disserté, et ce depuis le début de la révélation, à en croire le Rav Adin Steinsalz.
Voici une liste structurée des livres de base dans les domaines de la pensée et la pratique du Judaïsme:
- Le Tanakh (Bible hébraïque), le Texte et l'étude de ce texte:
- la Torah
- les Neviim (Prophètes)
- les Ketouvim ou (Autres écrits ou Hagiographes)
Le Tanakh est le livre le plus saint pour le peuple Juif. Il couvre l'ensemble des faits depuis la création du monde jusqu'à la construction du Second Temple.
La Torah est la partie la plus sainte du Tanakh, et a été dictée, selon la foi juive, à Moïse par Dieu. de la fixation du canon biblique (y figurent ceux qui ont été incontestablement inspirés par Dieu;en sont exclus ceux qui ne proviennent que de la sagesse humaine), à l'époque de la Grande Assemblée, la Torah n'a fait l'objet d'aucune discussion quant à son caractère divin , alors que les livres des Prophètes ainsi que les Autres Ecrits faisaient l'objet de débats intenses.
Sa "ponctuation", c'est-à-dire sa cantilation, a été fixée par les Massorètes.
Après le retour du premier exil, l'Araméen étant devenu lingua franca du Moyen Orient, la Torah fut traduite afin de pouvoir continuer à s'adresser au commun. Il en résulte la littérature des Targoumim, où la traduction se fait volontiers interprétation.
En fait, depuis qu'elle fut donnée aux enfants d'Israël, et jusqu'à nos jours, la Torah a été soumis à une continuelle exégèse, dont on peut considérer les Neviim comme le premier jalon.
- Sifrout Hazal (littérature "talmudique")
- La Mishna et ses commentaires.
- La Tosefta et les traités mineurs.
- Le Talmud :
- Le Talmud de Jérusalem, et ses commentaires.
- Le Talmud de Babylone, et ses commentaires.
Un autre jalon majeur de cette exégèse fut la compilation de la Loi orale, c'est-à-dire la tradition orale qui accompagnait la Torah dès qu'elle fut donnée aux hommes (ceci est le point de vue rabbinique) sous forme de la Mishna, qui allait être commentée à son tour pour donner la Tossefta et la Guemara, ou Talmud, dont il existe deux "versions", le Talmud des écoles babyloniennes, et celui des Sages restés en Galilée, appelé improprement "Talmud de Jérusalem", moins étudié que le premier.
Des ouvrages de cette époque non intégrés dans le Talmud ont été regroupés sous le terme de "Traités mineurs", non du fait de leur importance mais de leur peu de volume.
Le Talmud consiste en un recueil des règles de vie juives, fondé sur l'interprétation exégétique et/ou poétique (c'est-à-dire allégorique) du texte biblique. </br>Les explications et interprétations des versets contenues dans la Mishna et la Guemara ont pour but de déterminer comment appliquer les préceptes positifs et négatifs énoncés dans la Torah, ainsi que l'"esprit" qui les accompagne.
- Un rabbin contemporain enseignait que, si le sens littéral d'un verset en est le "cœur", les sens allusifs, allégoriques et secrets en sont l'"âme".
C'est autour de la Mishna et du Talmud que repose essentiellement l'enseignement dans les instituts talmudiques de nos jours.
Le Midrash est une forme d'exégèse généralement non littérale, et dont il existe de nombreuses déclinaisons. La littérature midrashique est contemporaine du Talmud, ou lui est juste postérieure, mais n'y a pas été inclue, bien que le Talmud y fasse parfois allusion et que certains enseignements se retrouvent dans l'un et l'autre.
Les Sages du Midrash sont généralement ceux du Talmud.
Le Midrash Halakha est un exégèse légalistique. Il se fonde sur des principes herméneutiques pour en déduire (lehidaresh) la substance légale.
Le Midrash Aggada est un ensemble de récits non-normatifs, dont le but est d'explorer les parties non-législatives de la Torah ou de faciliter son apprentissage, y compris dans la partie légale
- Littérature halakhique:
- Les grands Codes de conduite à tenir en ce qui concerne l'application des préceptes énoncés dans la Bible et les rituels
- Le Mishné Torah et ses commentaires.
- L'Arbaa Tourim et ses commentaires.
- Le Shoulhan Aroukh et ses commentaires.
- Autres ouvrages halakhiques
- Les Responsa
- Diverses monographies (sur la vérification des poumons des bêtes abattues, p.e)
- Les grands Codes de conduite à tenir en ce qui concerne l'application des préceptes énoncés dans la Bible et les rituels
La Torah comporte 613 mitzvot, dont 248 positives (Mitzvot Asse ex:"tu aimeras ton prochain comme toi-même"), et 365 négatives (Mitzvot lo Ta'asse ex:"tu n'auras pas d'autre dieu que Moi").
D'autres subdivisions ont été envisagées au Moyen Âge (Mitzvot envers Dieu et mitzvot envers les hommes, etc.), mais toutes visent à clarifier les décisions légales parsemées dans l'océan du Talmud afin de réglementer le judaïsme au quotidien.
- Pensée et éthique juives
- La philosophie juive est la conjonction entre études philosophiques (sérieuses) et théologie juive.
- La philosophie juive classique, dont les maîtres sont, entre autres, Salomon ibn Gabirol, Saadia Gaon, Maïmonide ou Gersonide, est une des formes de pensée juive parmi les plus profondes et les plus diversifiées. Elle tend à dégager des principes de foi qui influenceront durablement la vie religieuse
- La philosophie marrane, bien que "plus tout-à-fait juive" (et plus rare dans la petite bibliothèque juive des Juifs orthodoxes) sera, avec Spinoza, à l'aube de la pensée moderne.
- La philosophie suivant l'époque des Lumières est beaucoup plkus proche de la philosophie que du judaïsme; elle est davantage concernée par la "judaïté", bien que les liens entre philosophie et théologie fassent partie de ses préoccupations.
Ses grands noms seront Martin Buber, Franz Rosenzweig, Mordekhaï Kaplan, Abraham Joshua Heschel, Will Herberg, Emmanuel Levinas, Richard Rubenstein, Emil Fackenheim ou Joseph Soloveitchik.
(Il se développera également une théologie post-Holocauste, interrogeant le "silence de Dieu", avant de s'intéresser à la place du Juif dans le monde, l'histoire et la politique.)
- Les principes de la foi (Ikkarim) sont le fruit de réflexions rabbiniques pour distinguer croyance d'apostasie. Ne peut se prétendre croyant celui qui ne souscrirait pas à l'un de ses principes.
- La Kabbale, pensée juive mystique puise ses sources dans l'étude de l'Acte de Création et de l'Acte du Char, dont quelques passages ont été retranscrits dans certains traités du Talmud. Elle s'entoure de secrets et de mystère, prône une lecture ésotérique, voire des méthodes totalement originales d'interprétation de la Bible, comme l'isophépie ou la permutation de caractères.
Elle propose une vision téléologique de l'histoire, comme étant liée au peuple Juif.
La pièce maîtresse de cette littérature est le Zohar, attribué à Rabbi Shimon bar Yohaï, mais d'autres oeuvres, comme le Bahir ou l'Iggeret haKodesh ne doivent pas être oubliées.
Elle connut un fort regain suivant l'expulsion des Juifs d'Espagne, et irradia dans tout le Moyen Orient, l'Afrique du Nord, jusqu'aux bourgs les plus éloignés de Pologne. Elle entraîna malheureusement les hérésies sabbatéistes et frankistes, et c'est peut-être sur un terrain réactionnel à celles-ci que se développa la pensée de Baruch Spinoza. Néanmoins, elle a aussi contribué à former d'illustres maîtres et guides, comme le Rav Juda Löw ou Moché Haïm Luzzatto. Le mouvement du Moussar (éthique) en particulier, s'inspirera de son Messilat Yesharim.
- La philosophie juive est la conjonction entre études philosophiques (sérieuses) et théologie juive.
- Autres
- Le Siddour et la liturgie juive (Voir Liste des prières et bénédictions (Judaïsme))
- Piyyutim (Poésie le plus souvent liturgique)
Hiérarchie religieuse dans le Judaïsme
Clergé
La prêtrise, au sens classique du terme, la consécration exclusive d'individus au service du Temple, n'existe plus dans le Judaïsme depuis la destruction du Second Temple.
Il s'agissait des descendants de la tribu de Lévi, quatrième fils de Jacob, distinguée parmi le peuple d'Israël pour avoir combattu aux côtés de Moïse lors de l'épisode du Veau d'or. Au sein de ceux-ci furent distingués une seconde fois les descendants d'Aaron, le frère de Moïse, afin de s'occuper du service de Dieu (en Hébreu, Cohen).
Les Cohanim s'occupaient principalement des sacrifices, les Leviim de la manutention du Temple (portiers, chantres, etc.). A l'époque, ils pouvaient être déchus de leur rang, en s'adonnant à des rites païens, en contrevenant à leurs obligations, etc.
Bien qu'ils n'assurent plus le service du temple, ces "castes" sont toujours d'actualité, et bénéficient d'un rang privilégié au sein du Judaïsme (un Cohen a préséance sur un Lévi, qui a préséance sur un Israël -- à comprendre ici au sens de "laïc" -- lors de la lecture de la Torah par exemple). </br>De nos jours, les Cohanim occupent encore certaines fonctions particulières (rachat du premier-né, bénédiction sacerdotale,...). Les Lévites ont des tâches mineures, comme laver les mains du Cohen avant qu'il ne fasse la bénédiction.</br> Les Cohanim sont astreints à des obligations particulières (interdiction d'épouser une femme divorcée, de toucher les morts, donc l'exercice de la médecine etc.).
A noter enfin que si l'ascendance du titre de Lévi ou Cohen est strictement patrilinéaire, elle reste exclusivement confinée au sein du Judaïsme, qui se transmet matrilinéairement (dans le judaïsme orthodoxe tout au moins).
- Le fils de Mme Cohen (ou Kahn, ou Katz, etc.) et Mr Lévy (ou Loewenstein, etc.) sera Juif et Lévite.
- Le fils de Mme Cohen et Mr Dupont sera Juif mais ne sera pas Cohen.
- Le fils de Mr Cohen et Mme Durand ne sera ni Juif ni Cohen. Leur enfant ne pourra pas redevenir Cohen en se convertissant. S'il épouse une Juive, son enfant ne sera pas Cohen.
Rabbinat
Voir aussi l'article Rabbin
Le titre de Rabbi fut réservé à ceux des Sages qui occupaient une position officielle au sein de la législation judéenne, avant de désigner tout Sage dont l'érudition lui permettait de statuer sur des questions d'observance de la Loi, pour autant qu'il ait reçu sa semikha (ordination, mais le sens littéral se rapproche plus d'attestation ou reconnaissance) en terre d'Israël.
En dehors de la terre d'Israël, il ne pouvait recevoir "que" le titre de Rav (de l'Hébreu, beaucoup ou grand).
Rav désigne donc les grands parmi le peuple d'Israël, reconnus (nismakhim) parmi leurs pairs, indifféremment de leur origine (c'est-à-dire Cohen, Lévi ou Israël).
Stricto sensu, un Rav est un arbitre en matière d'observance religieuse. Cependant, le rabbin faisant souvent office de maillon dans la chaîne de transmission du savoir, d'autorité morale, d'exemple, leur autorité est comparable à celle des prêtres d'autres religions, voire la dépasse. De plus, ils tiennent souvent le rôle d'officiant (hazan, cf infra)
Néanmoins, les rabbins ne sont aucunement considérés comme des intermédiaires entre Dieu et les hommes, rôle qui ne fut tenu que par les prophètes. On s'accorde toutefois à dire que des oeuvres majeures, comme le Talmud, les commentaires de Rachi ou du Ramban, le Shoulhan Aroukh, et bien d'autres furent écrits sous l'influence du roua'h hakodesh, en d'autres termes d'inspiration divine.
Le rabbinat devint une profession officielle en France sous Napoléon. Les rabbins, qui n'étaient jusque là, que juges et arbitres, subvenant à leurs besoins par d'autres professions, parfois fort humbles (coordonnier, bûcheron,...), mais pouvant être également fort prestigieuses (médecins, ministres,...) devinrent officiellement ministres du culte, soumis à une hiérarchie (Rabbin, Grand Rabbin, etc.) et rémunérés pour cette fonction spécifiquement.
Le Judaisme Orthodoxe n'admet pas qu'une femme puisse devenir Rabbin. Seuls les mouvements libéraux nés au 19eme siècle sont susceptibles de l'accepter, non sans excès : pendant la Haskala, on vit accéder au titre de rabbin des gens dont la semikha n'était pas reconnue, quand ce n'était pas leur Judaïsme qui était sujet à caution ! Lors des "Golden Sixties" en Amérique, on vit des femmes diriger l'office, porter talith et tephillin, voire devenir rabbin! </br>Il reste exceptionnel en Europe que les femmes tiennent un rôle majeur dans l'organisation des offices ou deviennent rabbin. En France, il n'y a qu'une communauté dont le rabbin soit une femme. Il s'agit d'un rabbin libéral, Pauline Bebe. En revanche, aux