Silvio Berlusconi

Un article de Savoir.

Silvio Berlusconi Image:ltspkr.png écouter la prononciation (né le 29 septembre 1936 à Milan), est un homme politique italien. Président du Conseil italien du 10 mai 1994 au 17 janvier 1995 et depuis le 11 juin 2001. Ministre de la Santé du 10 mars 2006, suite à la démission de Francesco Storace, au 2 mai 2006.

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1er Mandat 10 mai 1994 - 17 janvier 1995
2éme Mandat 11 juin 2001 - 2 mai 2006
Prédécesseur 1ère fois : Carlo Azeglio Ciampi
2ème fois : Giuliano Amato
Successeur 1ère fois: : Lamberto Dini
2ème fois : Romano Prodi
Né le : 29 septembre 1936
Parti politique : Forza Italia
Coalition : Maison des libertés

Sommaire

L'homme d'affaires

En 1960, il commence sa carrière d’entrepreneur dans le domaine du bâtiment, associé avec Pietro Canali au sein de la société "Cantieri Riuniti Milanesi S.p.a". Il construisit le centre "Edilnord", puis "Milano 2", "Milano 3" et le "Girasole".

En 1965, il épouse en premières noces Carla Dell’Oglio, avec qui il a deux enfants :

Silvio Berlusconi et le gouverneur du Texas Rick Perry, le 18 mars 2004.
Silvio Berlusconi et le gouverneur du Texas Rick Perry, le 18 mars 2004.

Il se remarie ensuite avec une actrice de cinéma, Veronica Lario, qui lui donne trois enfants :

  • Barbara (1984).
  • Eleonora (1986).
  • Luigi (1988).

Marina est actuellement vice-présidente de la Fininvest, Piersilvio est vice-président de Mediaset et président de Rti, la société qui contrôle ses activités dans la télévision.

En 1978, il inaugure "Telemilano", la télévision câblée de Milano 2 qui très rapidement diffusa ses émissions dans toute la Lombardie, puis fonda la Fininvest, société mère du groupe, à laquelle seront rattachées toutes ses activités dans le secteur de la télévison.

En 1980, il fonde Canale 5, la première chaîne de télévision privée à l’échelle nationale, puis rachète les chaînes Italia 1 au groupe Rusconi (1982) et Rete 4 au groupe Rizzoli (1984). Aussitôt après il s’élargit en Europe : il rachète la Cinq en France (1986), puis Telefünf en Allemagne (1987) et Telecinco en Espagne (1989).

En 1986, il achète le club de football Milan AC. S'occupant personnellement de celui-ci, toujours proche des divers entraineurs (Sacchi, Capello, Ancelotti) et des joueurs (en particulier Maldini, Leonardo, Shevchenko), il connait de nombreux succès, dont 4 coupes d'Europe. Dans le secteur des assurances et des produits financiers, il possède les sociétés Mediolanum et Programma Italia. Le groupe Fininvest est le second groupe privé italien.

En 1989, il entre également chez l’éditeur Mondadori, devenant le principal éditeur italien de livres et de périodiques. Avec la Medusa et Cinema 5, il devient également le premier producteur et distributeur de cinéma italien.

Dans sa Liste des milliardaires du monde, le Magazine Forbes le cite comme étant la personne la plus riche d’Italie, avec un patrimoine estimé à 12 milliards de dollars (en 2004).

Ami de l’ancien président du Conseil Bettino Craxi, socialiste, il fut accusé d’avoir bénéficié d’appuis politiques dans sa carrière d’entrepreneur. Son nom fut retrouvé dans la longue liste de la loge maçonnique P2, secrète, (carte 1816, code E.19.78, groupe 17, fascicule 0625, date d’adhésion 26 janvier 1978). Le début de l'opération anti-corruption Mani pulite semble être une des raisons majeures de son engagement politique.

L'homme politique

La victoire de 1994

En 1994, il décide d’entrer en politique (la descente), et se présente aux élections politiques (législatives) qu’il gagne avec le parti qu’il a créé spécialement, Forza Italia, mais peu de mois après il doit démissionner de ses fonctions de chef de gouvernement, à cause de la défection de son allié, la Ligue du Nord (Lega Nord) qui passe à l'opposition (ce que les Italiens appellent un ribaltone). La même année, commencent les nombreuses perquisitions (plus de 560) de tous les sièges des sociétés du groupe Fininvest, et le président du Conseil en exercice reçoit, alors qu’il préside à Naples un congrès de l’ONU sur la criminalité, une invitation à comparaître devant le juge de Milan. Pour cet épisode, dont il fut pleinement blanchi par un non-lieu, il porta plainte devant le parquet de Brescia contre le pool des juges de Milan pour offense à un organe de l’État, délit prévu par l’article 289 du code pénal italien (plainte restée sans suite).

En 1997, il est guéri d’une tumeur.

La victoire de 2001

En juin 2001, il retrouve les fonctions de président du Conseil à la tête d’un gouvernement de centre droit dans une coalition électorale appelée « maison des libertés » (Casa delle Libertà) qui regroupe Forza Italia, l’Alliance nationale (Alleanza Nazionale), l'UDC, La Ligue du nord (Lega Nord) et d'autres partis moins importants (NPSI et PRI). Depuis, c'est le Président du Conseil dont le mandat est le plus long de toute l’histoire de la République.

Son IIe gouvernement qui a débuté le 11 juin 2001, s’est poursuivi, malgré des crises mineures et constantes (19 modifications dans la composition du gouvernement, avec des postes-clés changés, comme ceux des Affaires étrangères, de l'Economie, la vice-Présidence du Conseil, l'Intérieur, les Réformes), sans interruption jusqu'au 20 avril 2005 — ce qui en fait le plus long gouvernement italien de l’après-guerre.

Dès le 15 avril 2005, il traverse la crise la plus grave, avec le départ du gouvernement de deux partis dont les chrétiens-démocrates de l’Union des démocrates chrétiens (UDC). Il a fini par présenter sa démission au Président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, le 20 avril 2005 qui l'a acceptée, avec réserve, soit pour essayer de former un gouvernement Berlusconi bis (sans ces deux anciens alliés), soit pour demander des élections générales anticipées (qui auraient lieu dans ce cas en juin 2005).

Le 22 avril 2005, à 18h30, le Président de la République le charge de former un nouveau gouvernement qui devrait aussi comprendre des ministres de l'Union des démocrates chrétiens. Le 23 avril, à 12 heures 50, il présente sa liste de 26 ministres du Berlusconi bis, avec fort peu de changements, sinon l'arrivée de Giulio Tremonti à la place de Marco Follini au poste de vice-Président du Conseil et la création d'un nouveau ministère, sans portefeuille, pour le Mezzogiorno.

La "défaite" de 2006

Les élections parlementaires de 2006, après les cinq années de gouvernement de Berlusconi, opposent le Président du Conseil sortant à la tête de la coalition de "La Maison des Libertés" , qui va du centre-droit au néo-fascistes, et l'Unione, coalition allant des catholiques du centre-gauche à l'extrême-gauche, conduite par Romano Prodi (choisi par toute la gauche au cours de "primaires" ayant rassemblé plusieurs millions de personnes).

La campagne est d'une rare violence. Silvio Berlusconi mène une campagne offensive et populiste selon la presse de gauche face à un Romano Prodi réputé austère et discret. Face à "Il Professore", le chef du Gouvernement agite la peur des communistes et va jusqu'à traiter de "couillons" ceux qui voteraient pour la gauche (plusieurs partisants de la gauche s'amusèrent par la suite à utiliser comme slogan de rassemblement "Je suis un couillon"). A la dernière minute d'un débat télévisé, il improvise la promesse - jugé par beaucoup irréalisable - d'une suppression totale de la taxe d'habitation. Romano Prodi lui, face à "Il Cavaliere", s'appuie sur sa réputation d'homme intègre et sa maîtrise des dossiers et dénonce le bilan économique de Berlusconi et son amoralité politique.

Les résultats des élections sont extrêmements serrés. Les premières estimations donnent une large victoire à Romano Prodi mais très vite l'écart se resserre et Silvio Berlusconi repasse en tête. Finalement, l'Unione remporte la Chambre des Députés avec une courte avance de seulement 24 000 voix et il faut attendre les votes des Italiens de l'étranger pour lui donner la victoire au Sénat.

Mais Silvio Berlusconi refuse obstinément de reconnaître sa défaite, se lançant dans de multiples accusations de fraudes et d'irrégularités qui provoquent le recomptage de plusieurs dizaines de milliers de bulletins de vote. Après la proclamation officielle des résultats et le confirmation de la victoire de Prodi, il annonce qu'il se lancera dans une opposition féroce et qu'il fera tout pour empêcher le centre-gauche de gouverner.

Romano Prodi devrait le remplacer à la tête du Conseil après sa nomination par Giorgio Napolitano, nouveau Président de la République élu par le Parlement pour succéder à Carlo Azeglio Ciampi

Le mécène

Collectionneur de tableaux et d’art (Le Tintoret, Canaletto, Cascella), il est passionné par les antiquités et la botanique, mais surtout par la musique légère : il aime particulièrement les chansons françaises ; dans sa jeunesse il fut, avec son ami Fedele Confalonieri, animateur et chanteur à bord des paquebots de croisière de la compagnie Costa Crociere ; Confalonieri jouait du piano, Berlusconi chantait en s’accompagnant à la guitare et à la contrebasse. Sa passion pour les livres l’a conduit, alors qu’il était devenu le principal éditeur italien, à s'occuper personnellement de l’édition de nombreux ouvrages, parmi lesquels : L’Éloge de la folie d’Érasme de Rotterdam, l’Utopie de Thomas More, le Prince de Machiavel avec les annotations de Napoléon, De hominis dignitate de Giovanni Pico della Mirandola, La Città del sole de Tommaso Campanella, le Manifeste du Parti Comuniste de Marx et Engels, Le Spaccio della bestia trionfante de Giordano Bruno.

Il possède la villa San Martino à Arcore, près de Milan et la luxueuse villa Certosa, dont le domaine est plus vaste que celui du Vatican, à Porto Rotondo (Sardaigne), et où il a invité fastueusement plusieurs chefs d’États, dont Poutine et Blair.

Ses affaires judiciaires

Le président américain George W. Bush, les anciens présidents Bill Clinton et George Bush père et Silvio Berlusconi, le 7 avril 2005 lors des funérailles du pape Jean-Paul II.
Le président américain George W. Bush, les anciens présidents Bill Clinton et George Bush père et Silvio Berlusconi, le 7 avril 2005 lors des funérailles du pape Jean-Paul II.

Dans l'affaire judiciaire dite SME du nom d’un groupe italien agro-alimentaire racheté à un prix avantageux, il apparait qu’il a versé des sommes particulièrement importantes de son compte personnel de la Fininvest sur celui du juge italien chargé de cette affaire, à travers le compte en Suisse de son avocat, Cesare Previti.

Silvio Berlusconi a été membre de la loge Propaganda Due. Dans l'affaire Propaganda Due il a été condamné pour parjure pour avoir nié son appartenance mais il a depuis bénéficié de prescription grâce à une de ses lois taillées sur mesure

S'il n'a pas été condamné définitivement malgré les preuves contenues dans le dossier Fininvest, différentes lois et procédures ad personam ayant permis de retarder le procès et d’aboutir à une relaxe en décembre 2004, son avocat a été condamné à 5 ans de prison ferme, en appel, le 2 décembre 2005 et le juge corrompu à 7 ans, malgré des renvois et le vote, fin novembre d'une loi sur le raccourcissement des délais de prescription surnommée Salva Previti (Sauve Previti).

Cette loi a été amendée pour les procès en cours en raison de la pression d'une partie de la majorité actuelle. Le Parlement italien vient de voter une loi qui ne prévoit pas l’exécution de la prison pour les condamnés de plus de 70 ans. Cesare Previti vient de fêter son 70e anniversaire.

En revanche, un de ses bras droits, le sénateur Marcello Dell'Utri vient d’être condamné le 11 décembre 2004, en première instance, à neuf ans de prison pour corruption mafieuse.

En mars 2005, sa probité est de nouveau mise en doute, en tant que suborneur d’actes judiciaires. Il aurait versé de l’argent à l’avocat britannique David Mills, pour acheter son témoignage (selon les procureurs Alfredo Robledo et Fabio De Pasquale), dans l’affaire dite du rachat des droits télévision de Mediaset.

Déjà inculpé du faux en bilan et fraude fiscale dans cette affaire, sa situation serait aggravée par cette subornation de témoin. L’enquête devait se terminer le 23 mars, mais sera sans doute prolongée de six mois par le juge aux enquêtes préliminaires. Silvio Berlusconi a été cité à comparaître début décembre par le parquet de Milan : il ne s'est pas rendu à cette convocation.

L’avocat britannique aurait déclaré aux procureurs : « Mi auguro sarà chiaro che i miei rapporti con il gruppo Fininvest erano strettamente professionali, che ogni somma da me ricevuta è pienamente giustificata e che non si può certo dire che io sia mai stato addomesticato o 'comperato' » (j'espère qu'il sera clair que mes rapports avec le groupe Fininvest étaient strictement professionnels, que chaque somme que j'ai perçue est entièrement justifiée et qu'il est impossible de dire que j'ai été apprivoisé ou 'acheté'). David Mills, il faut le rappeler, avant d’être placé sous enquête pour cette affaire, avait déjà témoigné lors de trois procès à Berlusconi : All Iberian, Guardia di Finanza et Sme (lors d’une audience qui s’est tenue à Londres).

Le parquet de Milan a demandé, le 26 avril 2005, le renvoi de Silvio Berlusconi et de douze autres personnes dans une affaire de droits de retransmission concernant Mediaset, son groupe de télévision.

Silvio Berlusconi, qui contrôle le groupe Mediaset à travers sa holding Fininvest, est accusé de faux en bilan, fraude fiscale et abus de biens sociaux, dans le cadre d'une enquête judiciaire qui a débuté en juin 2001. Le président du groupe Mediaset, Fedele Confalonieri, ami de longue date de M. Berlusconi fait partie des personnes pour lesquelles un renvoi a été demandé, au terme d'une enquête conduite par les juges d'instruction Alfredo Robledo et Fabio De Pasquale.

Berlusconi avait été inscrit dans le registre des personnes mises sous enquête (équivalent italien de la mise en examen) le 19 février 2003. Les magistrats estiment que Mediaset a artificiellement gonflé, à travers des sociétés écrans off-shore, les prix d'achat des droits de diffusion de films américains.

Grâce à ces opérations, le groupe appartenant à Silvio Berlusconi aurait réussi à constituer des caisses noires à l'étranger et à réduire en Italie les bénéfices de Mediaset afin de payer moins d'impôts. Entre 1994 et 1995, juste avant son introduction en bourse, la société aurait ainsi gonflé de 171 millions de dollars le prix des films acquis aux États-Unis.

Les droits de retransmissions des films et programmes télévision étaient acquis aux États-Unis par deux sociétés écrans. Marina et Piersilvio Berlusconi, les deux enfants aînés de Silvio Berlusconi qui occupent des postes de direction à Fininvest et Mediaset, ont également été impliqués dans cette enquête mais leur dossier a été disjoint du reste de l'instruction. Mediaset s'est toujours défendu d'avoir fraudé, soulignant à diverses reprises, que « les droits cinématographiques ont été acquis aux prix du marché ».

Le 10 mars 2006, le Parquet de Milan réclame la tenue d'un procès contre Silvio Berlusconi dans l' affaire de corruption présumée impliquant également l'époux de la ministre de la Culture britannique. Berlusconi est poursuivi pour « corruption en actes judiciaires ». Il est soupçonné d'avoir versé 600 000 dollars à l'avocat d'affaires britannique David Mills en échange de faux témoignages et de destruction de documents lors de deux procès intentés contre lui en 1997 et 1998. Cette annonce tombe au plus mal pour le président du Conseil italien à un mois des élections législatives des 9 et 10 avril, qu'il perd face à l'Union de la gauche [cf plus haut].

Voir aussi

Surnoms

Du fait de son style médiatique, Silvio Berlusconi a reçu les surnoms suivants dans la péninsule : Il Cavaliere et Sua Emittenza. Le qualificatif des cardinaux catholiques étant Sua Eminenza (son éminence), Berlusconi est appellé Emittenza pour son empire télévisuel et médiatique (de l'italien emittente, chaîne de télévision).

Liens internes

Liens externes

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